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Guide d’album classique

Starring Rosi

Ash Ra Tempel · 1973 · Krautrock / rock spatial

Enregistré au Studio Dierks en juillet et août 1973, Starring Rosi est un 33-tours Kosmische Musik en sept titres centré sur Manuel Göttsching et Rosi Müller, avec Harald Grosskopf à la batterie et Dieter Dierks à la prise de son, à la basse, aux percussions et à l’arrangement choral.

Sorti en 1973Sept titres originauxKosmische Musik KM 58.007
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Le disque

En bref

Artiste
Ash Ra Tempel
Album
Cinquième album studio
Titres originaux
Sept
Centre créatif
Manuel Göttsching et Rosi Müller
Batterie
Harald Grosskopf
Ingénieur du son
Dieter Dierks

Pourquoi il compte

L’identité du groupe se resserre et un nouveau langage de chanson apparaît

Starring Rosi marque la rupture la plus nette des débuts d’Ash Ra Tempel avec la conception improvisée en faces entières associée au premier album et à Join Inn. Ses sept pièces durent de deux à neuf minutes, permettant des changements brusques de texture, d’humeur et d’échelle au sein d’un seul 33-tours. Hartmut Enke et Klaus Schulze sont absents ; Manuel Göttsching assure guitare, basse, claviers, synthétiseur, congas et chant. Rosi Müller n’est pas qu’une figure du titre : elle apporte les textes, la composition et une présence vocale importante, ainsi que le vibraphone et la harpe de concert.

La batterie de Harald Grosskopf offre aux pièces compactes un cadre rythmique souple, tandis que Dieter Dierks ajoute des interventions instrumentales et d’arrangement précises à son travail de prise de son. L’album place une écriture acoustique lumineuse à côté de la compression de guitare wah-wah, du rock d’ensemble et d’atmosphères électroniques, sans prétendre réunir ces modes en une suite continue. Sa construction plus serrée annonce la maîtrise croissante de Göttsching sur la forme en studio, mais le disque reste collectif et possède une identité vocale singulière. Dans le catalogue, il constitue une charnière : la formation fondatrice a disparu, tandis que le nom Ashra et la méthode électronique entièrement solo ne sont pas encore arrivés.

Été 1973

Après Join Inn, Göttsching reconstruit autour de Rosi

Join Inn réunit temporairement Göttsching, Enke et Schulze autour d’une musique enregistrée à la fin de 1972. Cette configuration ne devient pas un groupe stable de scène ou de studio. Pour le projet suivant, Göttsching et Müller forment le centre créatif crédité, tandis qu’Enke et Schulze ne participent plus. Les séances ont lieu au Studio Dierks de Stommeln en juillet et août 1973.

Göttsching construit lui-même une grande partie de la surface instrumentale de l’album. Grosskopf, connu pour Wallenstein et futur collaborateur important d’Ashra, joue les parties de batterie. Kosmische Musik publie le résultat en 1973 sous la référence KM 58.007. L’étape majeure suivante en studio, Inventions for Electric Guitar, resserre encore le processus autour des systèmes de guitares répétées et superposées de Göttsching.

Noyau réduit

Un multi-instrumentiste, une voix mise en avant et deux collaborateurs essentiels

Manuel GöttschingGuitares, basse, piano électrique, Mellotron, synthétiseur, congas, chant et composition
Rosi MüllerVoix, chant, vibraphone, harpe de concert, textes et composition
Harald GrosskopfBatterie
Dieter DierksIngénieur du son ; basse et percussions ; arrangement choral
Heiner FrieszAssistant ingénieur du son
Peter GeitnerConception graphique
Studio DierksLieu d’enregistrement à Stommeln

Les nombreux crédits de Göttsching expliquent la continuité entre passages électriques distordus, délicats arpèges acoustiques et atmosphères menées par les claviers. Son rôle à la basse est particulièrement important, car le départ d’Enke met fin au partenariat de la section rythmique fondatrice. La voix de Müller passe du chant à une présence proche de la récitation, puis au timbre supplémentaire ; l’album ne peut être réduit à une démonstration solo essentiellement instrumentale. Ses textes et ses crédits de coécriture donnent à plusieurs pièces une perspective différente des instrumentaux de Göttsching.

Grosskopf apporte une indépendance rythmique au lieu d’imiter Schulze ou les batteurs entendus sur Schwingungen. Dierks joue de la basse sur Bring Me Up et signe l’arrangement choral de Day-Dream : ces contributions restent propres à chaque titre. Le rôle d’assistant ingénieur de Friesz appartient à la chaîne d’enregistrement, non à l’ensemble d’interprètes. Avec une distribution aussi réduite, chaque changement d’instrument s’entend comme une décision de production plutôt que comme la preuve d’un groupe complet non crédité.

Chansons et expérimentations

Les expérimentations électriques partagent l’espace avec des miniatures acoustiques

Le trait déterminant du disque est le changement d’échelle : une construction électrique de huit minutes peut être suivie d’une chanson acoustique de cinq minutes, puis d’une étude de guitare de moins de trois minutes. Göttsching emploie la guitare électrique pour des figures répétées, des attaques modelées par la wah-wah et de longues trajectoires mélodiques, plutôt que pour un unique son de guitare solo. La guitare douze cordes et les autres guitares acoustiques créent une attaque plus légère, dont les détails disparaîtraient dans les improvisations denses des albums précédents. Piano électrique, Mellotron et synthétiseur fournissent couleurs et transitions sans placer tout le disque sous la conduite des claviers.

La batterie de Grosskopf peut stabiliser un groove, accentuer un changement brutal ou laisser de l’espace autour de la ligne vocale. La présence de Müller donne à la production un foyer humain rapproché, particulièrement lorsque les arrangements deviennent oniriques ou évoquent le conte. Les pièces plus courtes fonctionnent comme de véritables contrastes, non comme des fragments découpés dans une improvisation. Sur les deux faces, l’arrangement en studio remplace l’improvisation collective continue comme principal moyen d’organiser le temps.

Guide des sept titres

Sept scènes au lieu de deux longs voyages

01

Laughter Loving

L’ouverture de huit minutes établit la portée électrique de l’album sans revenir à la face ininterrompue de Join Inn. Les figures de guitare disposent de suffisamment de temps pour se transformer, mais rythme et timbre créent des phases distinctes dans l’interprétation. La batterie de Grosskopf soutient la pièce dans un cadre plus compact que le jeu ouvert de Schulze sur la première face de l’album précédent. Göttsching passe de formes récurrentes à des attaques plus libres, montrant comment une idée étendue peut être montée en un titre délimité. Cette déclaration d’ouverture conserve un lien avec le passé improvisé d’Ash Ra Tempel tout en annonçant que le nouveau disque changera de scène avant la fin d’une face entière.

02

Day-Dream

La guitare acoustique et la voix réduisent immédiatement la distance entre interprète et auditeur. L’identité vocale et la coécriture de Rosi sont centrales, tandis que l’arrangement choral de Dierks élargit le refrain sans écraser l’échelle intime de la chanson. Le tempo mesuré laisse les détails pincés, le souffle et la couleur harmonique remplacer la pression électrique de l’ouverture. Day-Dream est donc plus qu’un interlude calme : il montre que Starring Rosi peut soutenir une chanson entière par la mélodie et l’arrangement plutôt que par l’accumulation improvisée. Sa place rend aussi audible la méthode directrice de l’album : le contraste naît de la succession de mondes autonomes.

03

Schizo

En moins de trois minutes, Schizo condense le caractère de la guitare électrique en miniature. L’articulation modelée par la wah-wah et les changements rapides lui donnent une surface divisée et agitée adaptée au titre, mais il n’existe aucun drame de personnage documenté à déchiffrer. La pièce fonctionne par économie : une sonorité apparaît, est éprouvée sous plusieurs angles, puis s’arrête avant que le geste ne devienne une longue excursion. Après Day-Dream, son attaque plus vive montre avec quelle radicalité l’album peut changer d’échelle et de tempérament au cours de la première face.

04

Cosmic Tango

Le titre le plus court clôt la première face par une proposition de danse compacte. Göttsching et Müller partagent le crédit d’écriture, et l’arrangement traite le cosmique non comme une vaste durée vide, mais comme un jeu rythmique concis. Son titre associe le vocabulaire expansif des années 1970 à une danse sociale précise, reflétant la tentative plus générale de l’album de faire entrer un son tourné vers l’espace dans de petites formes humaines. Ses deux minutes ont une fonction structurelle : elles offrent une sortie légère et nettement délimitée à une face déjà passée par développement électrique, rêverie acoustique et compression de guitare wah-wah.

05

Interplay of Forces

La seconde face débute par la pièce la plus longue et la plus explicite sur le plan conceptuel. Voix, rythme, guitare et couleurs de clavier sont disposés comme des centres changeants plutôt qu’empilés sous un soliste dominant. Le titre attire l’attention sur la relation : lorsqu’un élément avance, un autre se retire ou change de fonction. Müller et Göttsching partagent le crédit de composition, faisant de la dimension vocale une partie de la conception de l’œuvre plutôt qu’un ajout superposé à une base instrumentale. En près de neuf minutes, la pièce reconnecte l’album au développement étendu tout en conservant la clarté des sections et la maîtrise du studio établies sur la première face.

06

The Fairy Dance

Des arpèges acoustiques et une empreinte légère ramènent la seconde face vers la forme miniature. Le titre suggère un mouvement délicat, mais la véritable singularité de la musique réside dans le toucher, l’espacement et la répétition. Göttsching laisse un petit motif de guitare porter la pièce sans le forcer vers le climax électrique attendu des précédents disques d’Ash Ra Tempel. Ses trois minutes nettoient la palette après Interplay of Forces et préparent la chanson finale par la retenue plutôt que par un pont dramatique.

07

Bring Me Up

Le dernier titre ramène la voix et le rythme au premier plan. La contribution documentée de Dierks à la basse donne à cette pièce une autre signature dans le grave que les autres parties de basse de Göttsching, tandis que l’orientation vocale confirme le caractère collectif de la conclusion. Le titre peut s’entendre comme demande, élévation ou transition, mais le disque n’apporte aucune résolution narrative fixe. Musicalement, il rassemble la logique de la chanson compacte en une déclaration finale : la couleur instrumentale sert une forme vocale délimitée, et l’album s’achève sans reprendre le long départ ambient de Join Inn.

Identités changeantes

Jeu, moi divisés et forces en mouvement

Starring Rosi est unifié par une personnalité mise en avant et des préoccupations récurrentes, plutôt que par une intrigue continue. Rire, rêve, identité divisée, danse, imagerie féerique et élévation donnent aux sept titres un vocabulaire psychologique ludique. Interplay of Forces fournit l’idée organisatrice la plus nette : l’identité émerge des relations entre personnes, sons et impulsions opposées. Les textes et interprétations vocales de Rosi donnent à plusieurs pièces un point de vue humain absent des vastes espaces instrumentaux précédents.

La séquence passe à plusieurs reprises de l’énergie publique à la rêverie privée, au lieu d’effectuer un unique voyage de l’extérieur vers l’intérieur. Titres courts et formes compactes invitent à l’association sans exiger d’explications fictives élaborées. Le nom de l’album fait de Müller la vedette annoncée et corrige toute lecture qui la réduirait à une décoration accessoire. Sa force conceptuelle vient de la variation : différents moi, danses et rêves partagent un même univers de studio aux changements éclatants.

KM 58.007

Le titre place Rosi au premier plan

Le titre Starring Rosi place le nom d’une personne là où aurait pu apparaître une formule cosmique abstraite. Peter Geitner est crédité pour la présentation graphique originale. Kosmische Musik publie le 33-tours allemand sous la référence KM 58.007. Quatre titres occupent la première face et trois la seconde, structure imprimée très différente des faces à œuvre unique des disques précédents.

L’objet accompagne le virage de l’album vers la personnalité, la couleur et des scènes titrées individuellement. Les présentations ultérieures sur CD peuvent faire apparaître les sept pièces comme une liste continue, mais la coupure originale intervient après Cosmic Tango. L’édition combinée Join Inn / Starring Rosi emprunte deux identités existantes et ne documente pas un album de neuf titres datant de 1973. Les éditions vinyle modernes autorisées restituent l’album original comme objet autonome.

Cinquième album

Kosmische Musik présente un Ash Ra Tempel transformé

Starring Rosi paraît en 1973 chez Kosmische Musik pour une durée d’environ trente-cinq minutes. La séquence originale du 33-tours compte quatre titres sur la première face et trois sur la seconde. Il suit Join Inn dans la chronologie des parutions malgré un noyau d’interprètes entièrement renouvelé. AllMusic documente les séances de juillet et août 1973 aux studios Dierks et souligne la quantité inhabituelle de chant pour un album des débuts d’Ash Ra Tempel.

Le label et le titre mettent Müller au premier plan, tandis que Göttsching joue la plupart des instruments. L’album ne propose aucune composition occupant une face entière : son changement formel est donc visible avant tout jugement stylistique. Aucun classement précis ni chiffre de ventes ne fait partie de sa réputation documentée. Les rééditions ultérieures ont contribué à l’établir comme un tournant distinct plutôt que comme un simple appendice de Join Inn.

Tournant

Un pont entre le premier groupe et l’avenir de Göttsching en studio

L’album est généralement considéré comme le terme de la première série continue d’enregistrements studio d’Ash Ra Tempel. Ce point final ne marque pas le retour du trio fondateur, mais annonce une pratique de studio de plus en plus autonome chez Göttsching. Ses pièces vocales et acoustiques révèlent des voies faciles à manquer lorsque le groupe est résumé par la seule improvisation lourde et la dérive cosmique. La présence de Grosskopf anticipe son travail ultérieur avec Ashra, bien que ce disque possède son propre personnel et ne puisse être rebaptisé comme une formation d’Ashra.

Le passage à des structures concises montre que le sens de la durée de Göttsching ne dépendait pas du remplissage d’une face de vinyle. L’écriture et la présence audible de Rosi donnent au 33-tours une identité qu’aucun album voisin d’Ash Ra Tempel ne reproduit. Inventions for Electric Guitar poursuivra un système instrumental plus étroit ; Starring Rosi est plus varié, vocal et coloré par l’ensemble. Son héritage réside dans la transformation plutôt que dans l’aboutissement : l’ancien groupe se resserre et un ensemble de petites formes nouvelles devient possible.

Sept titres originaux

Préserver la séquence quatre-trois

33-tours original de 1973Quatre titres sur la face une, trois sur la face deux ; Cosmic Tango termine la première moitié.
Limites des créditsGöttsching et Rosi forment le centre, Grosskopf et Dierks apportant des contributions bien définies.
ClassificationLa présence importante du chant et des textes rend une étiquette instrumentale incorrecte.

Le programme canonique contient sept titres pour une durée totale d’environ trente-cinq minutes. Laughter Loving ouvre l’album et Interplay of Forces ouvre la seconde face. Bring Me Up est la chanson finale originale. La ponctuation des titres varie légèrement, notamment entre Day-Dream et Day Dream.

L’association de 1998 place Join Inn en premier et doit être parcourue comme deux albums complets. Les rééditions modernes doivent préserver la division des faces en quatre et trois titres. Les bonus et compilations ultérieurs n’appartiennent pas à la séquence de 1973. La voix, les textes et les crédits instrumentaux de Rosi doivent rester visibles dans toute présentation exacte.

Un parcours d’écoute

Suivre les changements d’échelle et de voix

  1. Utilisez Laughter Loving pour entendre ce qui subsiste de la méthode électrique étendue.
  2. Laissez Day-Dream réinitialiser l’échelle avant de comparer ses détails acoustiques à The Fairy Dance.
  3. Considérez Schizo et Cosmic Tango comme des miniatures complètes, non comme des fragments de transition.
  4. Faites une pause après Cosmic Tango, à la coupure originale de la face.
  5. Dans Interplay of Forces, suivez l’instrument ou la voix qui devient temporairement le centre.
  6. Repérez la signature différente de la basse sur Bring Me Up.
  7. Terminez en comparant la variété des sept titres à la concentration des deux faces de Join Inn ; ce contraste explique le tournant du catalogue.

Pistes de recherche

Sources et lectures complémentaires

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Genres et scènes

Sons et instruments

  • Mellotron