Aller au contenu

Guide d’album classique

Together

Country Joe and the Fish · 1968 · Rock psychédélique

Publié par Vanguard en 1968, Together est le troisième album de Country Joe and the Fish : onze plages enregistrées à New York par la formation classique de cinq musiciens avec le producteur Samuel Charters.

Sorti en 1968Troisième album, onze plagesVanguard VRS 9277 / VSD 79277
Voir cet album sur Amazon →

Note d’affiliation : Les liens Amazon de cette page peuvent rapporter une petite commission à RetroForge Records, sans frais supplémentaires pour vous.

Le disque

En bref

Artiste
Country Joe and the Fish
Sortie
1968
Album
Troisième album studio
Plages originales
Onze
Label
Vanguard
Durée
Environ trente-quatre minutes

Pourquoi cet album compte

Le groupe devient pluriel sans perdre son propos

Together inverse le modèle d’écriture des deux premiers albums. McDonald ne signe seul que deux compositions, tandis que Hirsh, Melton, Barthol, Cohen et plusieurs combinaisons façonnent le reste.

Cette redistribution modifie autant la voix principale que les crédits. David Cohen attaque Mojo Navigator ; les chansons de Hirsh et Melton introduisent d’autres angles émotionnels et satiriques.

Rock and Soul Music commence par près de sept minutes d’aspiration collective. Le groupe adopte le langage physique d’une revue soul avant que l’album ne se fragmente en pièces plus courtes attribuées à leurs auteurs.

Le disque reste politique. The Harlem Song affronte le racisme, Bright Suburban Mr. and Mrs. Clean Machine raille le conformisme respectable et The Streets of Your Town s’attaque à l’hostilité urbaine.

Ses formes plus calmes sont tout aussi précises. Waltzing in the Moonlight emploie une couleur flamenca, Away Bounce My Bubbles devient une rêverie pastorale et An Untitled Protest conclut comme un mantra funèbre antimilitariste.

The Fish Moan est une charnière de vingt-huit secondes, non une composition autonome substantielle. Sa position appartient à l’architecture comique originale.

Together est le dernier album studio achevé par la formation classique McDonald-Melton-Cohen-Barthol-Hirsh avant le début des départs, plus tard en 1968. Sa valeur tient à une imprévisibilité dont les auteurs sont identifiables : chaque changement de style reflète la décision d’un compositeur nommé ou du groupe, plutôt qu’un psychédélisme générique.

New York, 1967–1968

Après deux albums dominés par McDonald

Les deux premiers 33-tours Vanguard paraissent en 1967 et établissent McDonald comme auteur et chanteur dominant. Together est enregistré au studio Vanguard de la 23e Rue à New York lors de séances en décembre 1967 et février 1968. Samuel Charters assure de nouveau la production, Ed Friedner l’ingénierie du son et les effets spéciaux, tandis que Barry Melton reçoit également un crédit de production. Le 33-tours de onze plages dure environ trente-quatre minutes et demie, réparties six-cinq entre les faces lorsque le bref Fish Moan est compté.

Rock and Soul Music porte un crédit partagé par les cinq membres. Les crédits individuels et par paires redistribuent ensuite l’album entre Hirsh, Melton, Barthol et McDonald.

McDonald est signalé absent des prestations de Susan jusqu’à la séquence Good Guys/Bad Guys, rendant l’idée démocratique audible au lieu de la limiter aux contrats.

L’album devient le 33-tours le plus vendu du groupe. Son succès n’empêche pas Bruce Barthol de partir avant septembre 1968.

Cohen et Hirsh partent aux alentours du début de 1969, faisant de Together l’ultime déclaration studio de ces cinq musiciens précis.

Les cinq musiciens classiques

Cinq auteurs, chanteurs et stratèges instrumentaux

Country Joe McDonaldChant, guitares, guitare douze cordes, harmonica, cloches et percussions
Barry MeltonGuitares, chant, effets sonores, composition et production
David Bennett CohenOrgue, piano, clavecin, guitares, cloches, voix et composition
Bruce BartholBasse, guitare acoustique, harmonica, chant, effets sonores et composition
Gary Chicken HirshBatterie, percussions, chant, cloches, castagnettes, effets sonores et composition
Robin McDonaldCymbalettes et percussions
Samuel ChartersProduction et notes de pochette
Ed FriednerIngénierie du son et effets spéciaux

L’absence relative de McDonald dans la première partie médiane ouvre un espace à des voix principales réellement différentes, plutôt qu’à des imitations de son style. Melton devient l’auteur alternatif le plus affirmé, passant de la satire suburbaine au hard rock urbain puis à une couleur acoustique au clair de lune. L’orgue de Cohen et son chant agressif sur Mojo Navigator révèlent une énergie de meneur jusqu’alors secondaire face à son rôle instrumental. Barthol fait du mouvement de la basse le moteur de Rock and Soul Music, puis apporte l’étrange Cetacean.

Hirsh est à la fois l’ancre rythmique et un auteur mélodique. Susan et Away Bounce My Bubbles expriment une tendresse bien éloignée des stéréotypes associés aux batteurs.

Les nombreux crédits d’effets sonores appartiennent à des arrangements précis, notamment Cetacean ; ils ne prouvent pas que l’album forme un collage continu. Les cymbalettes de Robin McDonald constituent une couleur d’accompagnement clairement délimitée, non une appartenance au noyau du groupe. Charters et Friedner maintiennent la lisibilité des styles qui changent rapidement grâce à une production claire et compacte.

Variété collective

Mouvement soul, satire et collage sonore

Rock and Soul Music se construit à partir de la basse dansante de Barthol, puis s’ouvre sur les voix collectives et une longue libération électrique. Susan passe à une chanson d’amour mesurée de Hirsh, organisée autour de l’orgue. Mojo Navigator condense le chant dur de Cohen et l’attaque des guitares dans la plus courte chanson complète de l’album. Bright Suburban Mr. and Mrs. Clean Machine transforme la respectabilité policée en satire sèche.

The Good Guys/Bad Guys Cheer sollicite la participation avant que The Streets of Your Town ne fonce dans l’accusation urbaine de Melton. The Fish Moan perce la séparation des faces d’un bruit corporel comique. The Harlem Song encadre le racisme par un faux récit de voyage et une gravité musicale croissante. Waltzing in the Moonlight emploie des gestes acoustiques proches du flamenco plutôt qu’une électronique psychédélique.

Away Bounce My Bubbles flotte dans l’imagerie pastorale de Hirsh. Cetacean passe d’une chanson rock à des bruits étranges puis au retour d’un fragment. An Untitled Protest réduit le final à un bourdon d’orgue, une voix et la ponctuation des cymbalettes.

Guide des plages

Onze déclarations collectives et individuelles

01

Rock and Soul Music

Les cinq membres partagent le crédit et jouent comme une revue soul imaginaire. La basse de Barthol fournit l’élan physique, tandis que voix et guitares élargissent la forme. L’album commence par définir l’union comme un excès coordonné.

02

Susan

Hirsh fait suivre l’ouverture d’une chanson d’amour intime. La pulsation plus régulière et l’espace de l’orgue remplacent la démonstration collective par une adresse attentive, montrant que l’écriture du batteur change l’échelle émotionnelle.

03

Mojo Navigator

Le chant principal offensif de Cohen donne à l’album un nouveau meneur. Guitare et orgue poussent une forme compacte vers le hard rock, rendant la navigation combative plutôt que mystique.

04

Bright Suburban Mr. and Mrs. Clean Machine

Hirsh et Melton condensent la satire sociale en surfaces propres et arêtes vives. Le couple respectable devient un mécanisme, et l’ordre de l’arrangement est précisément ce qui le rend menaçant.

05

Good Guys/Bad Guys Cheer / The Streets of Your Town

Un cri réduit la morale à des équipes avant que la chanson de Melton ne dévoile l’hostilité des divisions urbaines. La transition retourne la participation du public contre les catégories simplistes, puis libère l’élan le plus dur de la première face.

06

The Fish Moan

Vingt-huit secondes de son collectif interrompent l’élan argumentatif de l’album. Elles servent de ponctuation entre des déclarations plus vastes et ne doivent pas être exagérées en jam cachée.

07

The Harlem Song

McDonald emploie l’ouverture parodique d’un récit de voyage pour dénoncer le regard raciste. À mesure que la musique gagne en poids, la plaisanterie se retourne contre le prétendu guide. La satire devient accusation plutôt que couleur locale.

08

Waltzing in the Moonlight

Hirsh et Melton échangent la pression de la ville contre une intimité acoustique. Le mouvement de valse et la guitare proche du flamenco donnent à la scène au clair de lune une forme distincte, au lieu d’en faire simplement une chanson psychédélique plus douce.

09

Away Bounce My Bubbles

La rêverie de Hirsh s’élève sur une mélodie légère et des sonorités pastorales. Son innocence apparente offre un répit après les arguments sociaux de l’album tout en préservant l’imagerie singulière de l’auteur.

10

Cetacean

Barthol commence par une forme rock plus ferme avant que l’arrangement ne se dissolve en bruits inhabituels puis revienne sous forme de fragment. Le titre associé aux baleines suggère l’ampleur, mais la forme refuse délibérément toute proportion stable.

11

An Untitled Protest

McDonald conclut avec la voix face à un champ d’orgue en bourdon et aux cymbalettes. L’absence de titre descriptif empêche le mantra funèbre de se convertir en slogan. La protestation s’achève en deuil.

Ensemble et divisés

Communauté, intolérance, amour et protestation

Together désigne un processus, non une harmonie sans conflit. La répartition de l’écriture crée un désaccord productif.

La communauté soul de l’ouverture contraste avec la division sociale du cri et de Streets of Your Town. Harlem Song et Clean Machine attaquent le racisme et le conformisme par des cadres comiques différents. Susan, Waltzing et Away Bounce My Bubbles forment trois refuges intimes dissemblables. Mojo Navigator et Cetacean rendent le mouvement instable par l’agression et la dissolution.

The Fish Moan emploie un son corporel pour tourner en dérision le sérieux de l’architecture de l’album. La protestation finale dépouille le spectacle collectif et revient à la mort. La méthode démocratique du disque est son principal concept : chaque membre peut modifier le sujet, la voix et la forme.

Vanguard 9277 / 79277

Together comme titre, processus et promesse inquiète

Vanguard publie l’album en configurations mono et stéréo sous la paire de références 9277 / 79277. Le titre présente les cinq musiciens comme un collectif au moment précis où l’écriture est la plus largement répartie. Le conditionnement mentionne aussi le mariage de McDonald avec Robin, qui contribue aux cymbalettes et aux percussions.

La séquence originale compte le Fish Moan de vingt-huit secondes parmi les onze plages. Les présentations ultérieures sur disque compact ne doivent pas brouiller la limite précise de cette formation classique.

1968

Le sommet commercial de la formation classique

Together paraît en 1968 comme le troisième 33-tours Vanguard en l’espace d’environ un an. Il devient l’album le plus vendu du groupe, confirmant qu’une écriture plus largement répartie n’empêche pas la reconnaissance commerciale. Les critiques ont salué sa variété et discuté sa cohérence, souvent selon leur degré de préférence pour la domination de McDonald.

L’écriture politique de l’album reste directe, même lorsque d’autres chanteurs et auteurs en modifient la surface. Son succès coïncide avec des tensions de personnel plutôt qu’avec la stabilité. Sa réévaluation ultérieure gagne à l’entendre comme l’expérience collective propre à la formation classique.

Le troisième album

Un sommet démocratique avant les départs

Together est le seul album studio de la période originale où les cinq membres façonnent l’écriture de manière aussi visible. Son héritage le plus marquant est démocratique plutôt que lié à un hymne unique. The Harlem Song préserve la satire de McDonald, tandis que le reste du disque prouve que le groupe comptait d’autres auteurs. Streets of Your Town de Melton annonce son rôle accru après le changement de formation.

Les pièces mélodiques de Hirsh contredisent tout récit qui le réduirait au rôle de batteur. Le chant de Cohen sur Mojo Navigator saisit un rôle de premier plan peu évident sur le premier album. Les départs survenus après la parution rendent le titre historiquement poignant sans en faire un concept documenté de rupture. Ses onze changements rapides restent un solide plaidoyer pour l’identité d’ensemble plutôt que la cohérence d’une marque.

Programme original

Onze plages originales, sans intrusion de bonus

VRS 9277 : onze plages par la formation classique de cinq musiciens.
VSD 79277 : le même programme en stéréo.
Préserve l’album de onze plages sans modifier la répartition de ses auteurs.

Le programme original contient onze plages et dure environ 34 min 29 s. The Fish Moan est une plage originale de vingt-huit secondes. Rock and Soul Music est crédité aux cinq membres. McDonald signe seul deux compositions : The Harlem Song et An Untitled Protest.

Les plages deux à cinq sont signalées sans participation de McDonald. Robin McDonald contribue aux percussions mais n’est pas membre du noyau du groupe. Il s’agit du dernier album studio des cinq musiciens classiques avant les départs. N’intégrez pas au 33-tours les prestations live ou les réunions ultérieures.

Parcours d’écoute

Suivre le changement d’auteur et de voix

  1. Identifiez l’écriture collective de la longue ouverture.
  2. Suivez Hirsh, Cohen et Melton comme voix distinctes des plages deux à cinq.
  3. Considérez The Fish Moan comme une ponctuation.
  4. Entendez la plaisanterie de The Harlem Song se durcir en accusation.
  5. Écoutez Waltzing et Away Bounce My Bubbles comme des refuges distincts.
  6. Suivez la dissolution de Cetacean jusqu’au bourdon final.
  7. Comparez ensuite les voix de l’album au lieu de les classer par rapport à McDonald.

Pistes de recherche

Sources et lectures complémentaires

Poursuivre l’exploration

Continuer dans le graphe de connaissances RetroForge

Des parcours éditoriaux vers les artistes, disques, événements et idées qui éclairent ce sujet.

Genres et scènes

Sons et instruments