Aller au contenu Illustration éditoriale originale de RetroForge pour Hatfield and the North
Rock progressif / Scène de Canterbury

Hatfield and the North

La scène de Canterbury dans ce qu’elle a de plus sophistiqué et absurde.

EnglandOrigine
1972–1975; 1990; 2005–2006Périodes d’activité
Rock progressif / Scène de CanterburyGenre
← Retour à l’Atlas des groupes
← Retour au Top 50 des groupes de rock progressif

Vue d’ensemble

Hatfield and the North rassemble plusieurs courants de la scène de Canterbury au sein d’un quartet resserré. Phil Miller apporte le langage anguleux de la guitare développé avec Matching Mole et Delivery, Richard Sinclair la basse mélodique et le chant sans emphase associés à Caravan, Pip Pyle une approche souple des métriques composées et de l’improvisation, et Dave Stewart le vocabulaire d’orgue, de piano électrique et de générateurs de sons qu’il avait élaboré avec Egg.

Le nom vient d’un panneau de l’autoroute A1 indiquant Hatfield et le nord aux automobilistes. Cette référence anglaise quotidienne convient à une musique où des séquences instrumentales complexes côtoient chansons brèves, plaisanteries parlées et titres volontairement saugrenus. Amanda Parsons, Barbara Gaskin et Ann Rosenthal — les Northettes — interviennent comme chanteuses supplémentaires sur les albums studio, mais le noyau scénique et créatif reste le quartet.

Richard Sinclair sur scène avec Hatfield and the North à Verviers en 2005
Richard Sinclair sur scène avec Hatfield and the North à Verviers, en Belgique, le 16 juin 2005.Photo : Jaak Geebelen / Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0 · conversion WebP

Formation et histoire

Le groupe naît d’une formation de Delivery réunissant en 1972 Phil Miller, son frère Steve Miller, Pip Pyle et Richard Sinclair. Steve Miller part en octobre ; Dave Sinclair occupe brièvement les claviers au moment où le nom Hatfield and the North apparaît, puis s’en va en janvier 1973. Dave Stewart le remplace peu après et fixe la formation entendue sur les disques. Le quartet enregistre son premier album éponyme au Manor, dans l’Oxfordshire, et Virgin le publie en mars 1974. The Rotters' Club paraît en mars 1975, avant la séparation du groupe original en juin.

Stewart et Phil Miller participent ensuite à la création de National Health, que Pyle rejoint en 1977. Hatfield se reforme brièvement pour la télévision en mars 1990 : Miller, Sinclair et Pyle jouent avec Sophia Domancich aux claviers. Une seconde réunion commence en 2005 avec Alex Maguire à la place de Stewart. Le groupe tourne jusqu’en 2006 et publie les coffrets d’archives Hatwise Choice et Hattitude, assemblés par ses membres. Pip Pyle meurt en août 2006 ; Phil Miller en octobre 2017.

Son et style

Les pièces de Hatfield passent rapidement de thèmes écrits à des solos ouverts et à de courtes transitions. L’orgue Hammond, le Fender Rhodes et le Hohner Pianet de Stewart peuvent énoncer des suites d’accords denses sans occuper tout l’espace. Miller place souvent des lignes de guitare brèves à côté des claviers au lieu de les doubler, tandis que la basse de Sinclair reste assez mélodique pour réorienter une transition. Pyle donne aux métriques irrégulières un caractère conversationnel grâce au détail des cymbales, aux accents déplacés et aux brusques changements de poids.

Le contraste entre les chansons concises de Sinclair et les œuvres plus longues est essentiel. « Calyx » réduit une mélodie de Phil Miller à la voix sans paroles de Robert Wyatt et à un accompagnement dépouillé ; « Son of ‘There's No Place Like Homerton’ » de Stewart traverse plusieurs sections instrumentales et vocales ; les vingt minutes de « Mumps » font circuler des thèmes apparentés sur toute une face de vinyle. Les Northettes servent de couleur d’ensemble arrangée, particulièrement dans les compositions de Stewart, plutôt que de chœur d’accompagnement permanent.

MembresFormation classique : Phil Miller (guitare), Richard Sinclair (basse et chant), Dave Stewart (claviers et générateurs de sons) et Pip Pyle (batterie). Steve Miller et Dave Sinclair les ont précédés aux claviers. Les Northettes — Amanda Parsons, Barbara Gaskin et Ann Rosenthal — ont apporté des voix arrangées ; Robert Wyatt, Geoff Leigh, Jimmy Hastings et Mont Campbell figurent parmi les invités des albums.

Albums essentiels

Virgin · Parution originale de 1975

Enregistré en 1974 et publié au mois de mars suivant, le deuxième album attribue un rôle distinct à chaque compositeur. « Share It » de Sinclair et Pyle ouvre le disque sous la forme d’une chanson compacte ; « The Yes No Interlude » de Miller développe des lignes de guitare et de clavier sur des métriques changeantes ; « Mumps » de Stewart occupe toute une face et relie quatre sections nommées par des thèmes récurrents. Jimmy Hastings et Mont Campbell élargissent la palette instrumentale, tandis que les Northettes renforcent l’écriture vocale composée.

Titres clés : Share It · The Yes No Interlude · Mumps: a. Your Majesty Is Like a Cream Donut (Quiet) / b. Lumps / c. Prenut / d. Your Majesty Is Like a Cream Donut (Loud)

Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →

Virgin · Parution originale de 1974

Le premier album utilise des morceaux courts et des fondus enchaînés pour construire une séquence à l’échelle de l’album à partir de compositeurs et d’idées d’enregistrement différents. « The Stubbs Effect » sert de bref encadrement, « Calyx » fait entendre Robert Wyatt chantant sans paroles une mélodie de Phil Miller, et « Son of ‘There's No Place Like Homerton’ » de Stewart associe claviers, vents invités et voix superposées des Northettes. « Rifferama » conclut en réunissant des éléments antérieurs dans un finale volontairement encombré.

Titres clés : Calyx · Son of ‘There's No Place Like Homerton’ · Rifferama

Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →

Note d’affiliation : Les liens Amazon de cette page peuvent rapporter une petite commission à RetroForge Records, sans frais supplémentaires pour vous.

Pour aller plus loin

Afters

1980

La compilation publiée par Virgin en 1980 associe des titres des deux albums studio, le single de 1974 « Let's Eat (Real Soon) » / « Fitter Stoke Has a Bath » et des enregistrements de concert jusque-là inédits. Elle constitue une carte utile du répertoire hors album, mais ce n’est pas un troisième album studio et elle reprend une grande partie du catalogue original sur vinyle.

Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →

Pourquoi leur héritage demeure

Hatfield and the North montre qu’un rock complexe peut s’organiser à échelle intime. Ses disques ne reposent ni sur un unique meneur, ni sur un soliste dominant, ni sur un concept symphonique continu. Plusieurs compositeurs se transmettent plutôt le contrôle entre chansons concises, structures jazz-rock, miniatures de studio et arrangements vocaux, tandis que le son commun du quartet maintient la cohérence de la séquence.

Hatwise Choice et Hattitude, sélectionnés à partir des bandes du groupe, donnent une seconde importance aux archives : ils documentent des improvisations plus longues et des pièces absentes des deux albums Virgin. Ils révèlent que les albums studio, soigneusement montés, ne représentent qu’une facette d’un groupe dont la méthode scénique pouvait être plus libre, plus âpre et plus électronique.

Parcours connexes dans les archives

Explorer ce groupe

Sources et documentation

Poursuivre l’exploration

Continuer dans le graphe de connaissances RetroForge

Des parcours éditoriaux vers les artistes, disques, événements et idées qui éclairent ce sujet.

Genres et scènes

Sons et instruments

  • Orgue Hammond