Aller au contenu Illustration éditoriale originale de RetroForge pour Focus
Rock progressif

Focus

Quatre sections rythmiques successives, deux voix solistes immédiatement reconnaissables et un catalogue qui va des thèmes concis aux faces d’album entières.

Amsterdam, Pays-BasOrigine
1969–1978 ; reformations intermittentes ; depuis 2001Activité
Rock progressifGenre
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Vue d’ensemble

Focus construit son identité instrumentale autour de deux voix immédiatement reconnaissables : l’orgue Hammond, la flûte et les vocalises sans paroles de Thijs van Leer, et la guitare électrique, la guitare acoustique et le luth de Jan Akkerman. Le récit le plus connu du groupe se concentre sur « Hocus Pocus », mais le catalogue adopte plusieurs architectures : le premier album fondé sur des chansons, les six titres de Moving Waves, le double album Focus 3 et l’œuvre-titre en six mouvements de Hamburger Concerto.

La section rythmique est essentielle à ces différences. Martijn Dresden et Hans Cleuver jouent sur le premier album ; Cyril Havermans et Pierre van der Linden redessinent le groupe sur Moving Waves ; Bert Ruiter remplace Havermans pour Focus 3 ; et Colin Allen remplace van der Linden sur Hamburger Concerto. Présenter un seul quartet comme la formation de toute la période classique masque la manière délibérée dont chaque album modifie le poids, l’espace et la liberté d’improvisation.

Focus en concert à The Apex de Bury St Edmunds en 2024
Focus en concert à The Apex, Bury St Edmunds, le 1er mai 2024.Photo : Steve Knight / Wikimedia Commons · CC BY 2.0 · WebP conversion

Formation et histoire

Van Leer forme un trio avec le bassiste Martijn Dresden et le batteur Hans Cleuver en 1969. Jan Akkerman les rejoint alors que les musiciens travaillent autour de la production néerlandaise de Hair, puis le quartet adopte le nom Focus. Le premier album est enregistré en janvier 1970 aux studios Sound Techniques de Londres avec le producteur Hubert Terheggen et l’ingénieur Jerry Boys. Il paraît aux Pays-Bas sous le titre Focus Plays Focus, puis à l’international sous des formes remaniées comme In and Out of Focus.

Dresden et Cleuver quittent le groupe après le premier album. Cyril Havermans et Pierre van der Linden, anciens collègues d’Akkerman au sein de Brainbox, arrivent pour Focus II, publié à l’international sous le titre Moving Waves en octobre 1971. Mike Vernon produit les séances à Sound Techniques et aux Morgan Studios. Havermans s’en va ensuite et Bert Ruiter complète le quartet qui enregistre aux Olympic Studios le double album Focus 3, paru en novembre 1972. Au Royaume-Uni, Moving Waves atteint la deuxième place, Focus 3 la sixième, « Hocus Pocus » la vingtième et « Sylvia » la quatrième.

Van der Linden part après la période de tournées de 1973. Colin Allen joue sur Hamburger Concerto, enregistré aux Olympic Studios au début de 1974. Des formations ultérieures réalisent Mother Focus et Focus con Proby ; Akkerman quitte le groupe au début de 1976 et l’aventure des années 1970 s’achève en 1978. De brèves collaborations et reformations suivent avant que van Leer ne rétablisse Focus au début des années 2000. Van der Linden revient en 2004. Le quartet actuel — van Leer, van der Linden, le guitariste Menno Gootjes et le bassiste Udo Pannekeet — enregistre Focus 12 aux Wisseloord Studios et le publie en 2024.

Son et style

Van Leer alterne orgue Hammond, piano, flûte et voix au lieu d’attribuer à chaque morceau un instrument soliste fixe. « House of the King » repose sur la flûte ; « Sylvia » sur un arrangement concis d’orgue et de guitare ; « Hocus Pocus » sur le retour du riff d’Akkerman entre yodels, sifflements, flûte, orgue et percussions. La voix y remplit une fonction rythmique et théâtrale, tandis que le morceau-titre « Moving Waves » emploie des paroles chantées conventionnelles et un piano dépouillé.

Le rôle d’Akkerman change lui aussi avec le format. Sur le premier album, guitares électrique et acoustique s’inscrivent dans des chansons vocales concises. Moving Waves place des riffs acérés à côté de « Janis » à la guitare acoustique et de « Le Clochard » au luth. Focus 3 ajoute la ligne mélodique limpide de « Sylvia », une écriture intime pour luth et flûte, ainsi que les vingt-six minutes d’« Anonymus II », où chaque membre dispose d’un long espace. Hamburger Concerto associe le prélude au luth d’Akkerman à une suite-titre en six parties façonnée conjointement par la guitare et les claviers.

Les arrangements ne sont donc pas de simples ornements classiques posés sur du rock. « Eruption » puise dans le récit d’Orphée et développe des sections récurrentes sur environ vingt-trois minutes ; « Anonymus II » transforme du matériau du premier album en une longue structure d’improvisation ; et « Hamburger Concerto » emploie des mouvements reliés avec un contrôle thématique plus explicite. Au fil de ces œuvres, l’équilibre entre composition et improvisation collective ne cesse d’évoluer.

Plusieurs formations, pas un quartet permanent Debut: Thijs van Leer, Jan Akkerman, Martijn Dresden and Hans Cleuver. Moving Waves: van Leer, Akkerman, Cyril Havermans and Pierre van der Linden. Focus 3: van Leer, Akkerman, Bert Ruiter and van der Linden. Hamburger Concerto: van Leer, Akkerman, Ruiter and Colin Allen. Current lineup: van Leer, van der Linden, Menno Gootjes and Udo Pannekeet.

Albums essentiels

Imperial · Paru en octobre 1971 · Produit par Mike Vernon

Publié aux Pays-Bas sous le titre Focus II, ce deuxième album de six titres présente Cyril Havermans à la basse et Pierre van der Linden à la batterie. La première face va de la version intégrale de « Hocus Pocus » au morceau-titre dépouillé pour piano et voix, puis à « Le Clochard » à la guitare acoustique et « Janis » au luth. Le verso est occupé par les quelque vingt-trois minutes d’« Eruption », une suite bâtie sur des thèmes récurrents, des sections nommées et des passages liés au récit d’Orphée.

Titres clés : Hocus Pocus · Moving Waves · Eruption

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Focus 3

1972

Imperial · Paru en novembre 1972 · Produit par Mike Vernon

Le premier album de Focus avec Bert Ruiter est un double 33-tours enregistré en quatre jours aux Olympic Studios. « Sylvia » condense orgue, mélodie de guitare, mouvement de basse et élan rythmique en trois minutes et demie ; « Answers? Questions! Questions? Answers! » développe des idées apparentées pendant près de quatorze minutes ; « Anonymus II » dépasse les vingt-six minutes et accorde un espace soliste à chaque membre. La séquence originale du vinyle répartit cette dernière œuvre entre les troisième et quatrième faces avant « Elspeth » et « House of the King ».

Titres clés : Sylvia · Answers? Questions! Questions? Answers! · Anonymus II

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Imperial · Paru en septembre 1970 · Produit par Hubert Terheggen

Le Focus Plays Focus néerlandais d’origine est un premier album de sept titres par van Leer, Akkerman, Martijn Dresden et Hans Cleuver. Enregistré à Sound Techniques en janvier 1970, il mêle chansons vocales, flûte, trompette, claviers et guitare électrique ou acoustique. « Happy Nightmare (Mescaline) » accueille un violoncelle invité, tandis que les pièces vocale et instrumentale toutes deux intitulées « Focus » encadrent les deux faces du premier groupe. « House of the King » est un single séparé de 1970, intégré à de nombreuses éditions internationales ultérieures mais absent du 33-tours néerlandais original.

Titres clés : Focus (vocal) · Happy Nightmare (Mescaline) · Focus (instrumental)

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Évolutions ultérieures et archives

Enregistré avec Colin Allen à la place de Pierre van der Linden, le quatrième album studio s’ouvre sur l’arrangement au luth par Akkerman d’une musique de Joachim van den Hove et se termine par une suite-titre en six parties d’environ vingt minutes. « Birth » réunit flûte, guitare et passages d’ensemble changeants ; « Harem Scarem » fournit le contrepoids concis. La production de Mike Vernon laisse entendre la vaste palette de claviers et de percussions sans transformer l’album en une seule texture continue.

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Ship of Memories est une compilation d’archives, non un nouvel album studio enregistré en 1976. L’ancien producteur Mike Vernon sélectionne neuf enregistrements inédits couvrant la période 1970–1975. Six morceaux proviennent des séances abandonnées de Chipping Norton en mai 1973 ; « Spoke the Lord Creator » appartient à la formation du premier album, tandis que « Red Sky at Night » et « Crackers » accueillent David Kemper à la batterie. Les changements de personnel font partie de ce que documente la collection.

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Pourquoi leur héritage demeure

La séquence de 1971 à 1974 préserve trois manières distinctes de travailler à grande échelle. Moving Waves oppose cinq pièces concises à l’architecture d’une face entière d’« Eruption ». Focus 3 étire un même quartet de la brièveté de « Sylvia » à « Anonymus II », dont le cadre improvisé dépasse vingt-six minutes. Hamburger Concerto revient à une séquence maîtrisée de mouvements reliés, avec un autre batteur et une palette de percussions plus large.

L’histoire du groupe dans les classements montre que ces contrastes ont dépassé le public spécialisé : au Royaume-Uni, Moving Waves atteint la deuxième place, Focus 3 la sixième, « Hocus Pocus » la vingtième et « Sylvia » la quatrième. Le groupe moderne compte pour une autre raison. Avec van Leer et van der Linden rejoints par Gootjes et Pannekeet, Focus 12 immortalise un quartet actif aux Wisseloord Studios au lieu de présenter une formation de tournée uniquement tournée vers la nostalgie.

Sources et lectures complémentaires

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Genres et scènes

Sons et instruments

  • Orgue Hammond