Vue d’ensemble
Renaissance naît en 1969 autour des anciens Yardbirds Keith Relf et Jim McCarty, puis renouvelle si complètement son personnel que le groupe le plus connu des années 1970 ne compte plus aucun fondateur. Sur Prologue en 1972, Annie Haslam, John Tout, Jon Camp, Terry Sullivan et le guitariste Rob Hendry forment une nouvelle unité de travail. Michael Dunford compose une grande partie de la musique tout en restant d’abord hors scène, avant de reprendre la guitare et de compléter le quintette durable de l’ère Haslam.
Cette formation développe une forme singulière de rock progressif britannique à partir du soprano ample de Haslam, du piano de Tout, de la guitare acoustique de Dunford, de la basse mélodique de Camp et des percussions de Sullivan. Betty Thatcher écrit la plupart des paroles sans se produire avec le groupe. Le catalogue va du concis « Carpet of the Sun » à la suite en plusieurs parties « Song of Scheherazade », enregistrée à Abbey Road en 1975 avec des orchestrations de Tony Cox et le London Symphony Orchestra.
Formation et histoire
Relf et McCarty fondent le Renaissance originel avec la chanteuse Jane Relf, le pianiste John Hawken et le bassiste Louis Cennamo. Le quintette enregistre Renaissance en 1969 ; une période de départs et de remplacements aboutit à Illusion en 1971. Michael Dunford arrive pendant cette transition. En juin 1972, la formation qui enregistre Prologue réunit Haslam, Tout, Camp, Sullivan et Hendry. Dunford choisit alors de se consacrer à la composition avec la parolière Thatcher plutôt qu’aux tournées, bien que son matériau définisse l’album.
Hendry part après Prologue. Camp assure une grande partie des guitares sur Ashes Are Burning, Dunford contribue à la guitare acoustique et Andy Powell de Wishbone Ash joue le solo électrique du morceau-titre. Dunford revient ensuite comme guitariste du groupe, fixant la formation de cinq musiciens entendue de Turn of the Cards à Azure d’Or. Renaissance se produit avec un orchestre de 24 musiciens à l’Academy of Music de New York en mai 1974, avec le New York Philharmonic au Carnegie Hall en 1975, puis avec le Royal Philharmonic Orchestra au Royal Albert Hall de Londres en octobre 1977.
Tout et Sullivan quittent le groupe après Azure d’Or. La formation réduite des années 1980 s’oriente vers des arrangements plus courts et électroniques avant de se séparer en 1987. Haslam et Dunford participent à un bref retour autour de Tuscany et des concerts de 2001–2002, puis forment un nouveau Renaissance de tournée en 2009. Après la mort de Dunford en novembre 2012, Haslam poursuit avec des musiciens de cet ensemble ; le groupe officiel reste actif sous sa direction.
Son et style
La formation classique laisse un espace inhabituel dans le médium. La guitare acoustique de Dunford fournit la pulsation et le contour harmonique plutôt qu’un mur électrique continu ; le piano de Tout porte à la fois l’accompagnement et le matériau thématique. Camp traite la basse comme une seconde voix mélodique, répondant souvent à Haslam, tandis que Sullivan passe du tempo rock aux couleurs de mailloches et à la ponctuation orchestrale. La guitare solo électrique devient donc un événement — comme le solo final d’Andy Powell sur « Ashes Are Burning » — et non le centre permanent de l’arrangement.
Les voyelles tenues et le registre aigu maîtrisé de Haslam permettent aux mélodies de se déployer sur de longues durées sans devenir un récit parlé. Dunford fournit généralement la trame mélodique et Thatcher les paroles, puis le groupe arrange collectivement ce matériau. Les orchestres remplissent des fonctions différentes selon les disques : les cordes de Richard Hewson colorent certaines parties de Ashes Are Burning ; Turn of the Cards intègre l’écriture symphonique dans plusieurs morceaux ; le travail de Tony Cox sur « Song of Scheherazade » relie le quintette rock au London Symphony Orchestra. Plus tard, A Song for All Seasons rend la guitare électrique et le synthétiseur plus visibles sans supprimer le noyau piano-voix.
Albums essentiels
Enregistré à Abbey Road en mai 1975, Scheherazade and Other Stories consacre une face du 33-tours à quatre chansons distinctes et l’autre à une suite en neuf parties. « Trip to the Fair » part du piano dépouillé de Tout pour évoluer à travers des sections d’ensemble changeantes ; « Ocean Gypsy » maintient l’écriture de Dunford et Thatcher plus près de la ballade. « Song of Scheherazade » s’appuie sur les Mille et Une Nuits et fait brièvement allusion à Rimski-Korsakov, mais n’est pas un arrangement de sa suite symphonique. Tony Cox orchestre le matériau propre au groupe pour le London Symphony Orchestra.
Titres clés : Trip to the Fair · Ocean Gypsy · Song of Scheherazade
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1973Ashes Are Burning est le deuxième album du groupe dirigé par Haslam après Prologue. Hendry parti et Dunford pas encore revenu comme interprète à plein temps, Camp assure la basse et une grande partie des guitares, tandis que Dunford contribue à la guitare acoustique. Les arrangements de cordes de Richard Hewson élargissent « Can You Understand? » et « Carpet of the Sun » ; « At the Harbour » passe d’un piano exposé à la voix et à la guitare acoustique. Le morceau-titre de onze minutes s’achève sur un solo électrique d’Andy Powell de Wishbone Ash.
Titres clés : Can You Understand? · Ashes Are Burning · Carpet of the Sun
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1974Enregistré à De Lane Lea en mars 1974, Turn of the Cards est le premier album studio du quintette stabilisé Haslam-Dunford-Tout-Camp-Sullivan. « Running Hard » oppose des figures de piano récurrentes à des passages d’ensemble qui accélèrent ; « Things I Don’t Understand » développe une ancienne composition de McCarty et Dunford avec orchestre et voix sans paroles. « Cold Is Being » réduit la texture à la voix et au clavier, tandis que « Mother Russia » construit la réaction de Thatcher à Alexandre Soljenitsyne à partir de pédales de basse, de guitare acoustique, de voix évoquant un chœur et d’une ampleur symphonique.
Titres clés : Running Hard · Black Flame · Mother Russia
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Pour aller plus loin
Novella
1977Enregistré à la fin de 1976, Novella ne contient que cinq morceaux et réserve ses plus longues durées à « Can You Hear Me? » et « Touching Once (Is So Hard to Keep) ». « Midas Man » se concentre sur le motif acoustique de Dunford et l’avertissement de Thatcher contre la possession, tandis que « The Captive Heart » ramène l’échelle à une chanson directe Haslam-Dunford. L’album paraît aux États-Unis en janvier 1977, mais n’arrive qu’en août en Grande-Bretagne et en Europe ; les concerts britanniques culminent au Royal Albert Hall avec le Royal Philharmonic Orchestra.
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Produit par David Hentschel, A Song for All Seasons met davantage en avant la guitare électrique, le synthétiseur et les formes plus courtes sans abandonner les longs développements. « Day of the Dreamer » et le morceau-titre conservent l’échelle en plusieurs sections des disques du milieu des années 1970, tandis que « Northern Lights » condense l’écriture mélodique de Dunford et Thatcher en quatre minutes. Le single atteint la 10e place au Royaume-Uni en août 1978, seul titre du groupe à entrer dans le Top 40 britannique.
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Azure d'Or
1979Azure d’Or est le dernier album studio de la formation classique à cinq. La production de Hentschel privilégie les synthétiseurs, la guitare électrique et les morceaux concis : « Jekyll and Hyde » et « The Winter Tree » avancent rapidement, tandis que « The Flood at Lyons » conserve une construction instrumentale plus longue. Cette surface épurée documente un changement délibéré de la fin des années 1970 plutôt qu’une continuation de Scheherazade. Tout et Sullivan partent après l’album, mettant fin à la formation restée intacte depuis 1973.
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Pourquoi leur héritage demeure
Renaissance montre que l’identité d’un groupe peut survivre au remplacement total de ses membres lorsque sa méthode continue d’évoluer. Les fondateurs de 1969 établissent le nom et le principe rock-folk-classique ; le groupe de 1972 reconstruit ce principe autour de la voix de Haslam et du tandem d’écriture Dunford-Thatcher. Les mêmes cinq instrumentistes apprennent ensuite à passer de chansons acoustiques intimes à de longues formes d’ensemble et à des arrangements orchestraux commandés, sans traiter l’orchestre comme un effet permanent.
Les disques conservent aussi une division du travail rare dans le rock progressif des années 1970. Une parolière non interprète, un guitariste-compositeur acoustique, un pianiste, un bassiste mélodique, un batteur et un soprano se partagent des fonctions que d’autres groupes concentrent souvent dans un leader ou un guitariste soliste. Le succès britannique de « Northern Lights » prouve que ce langage pouvait être condensé autant qu’élargi. Le groupe actuel dirigé par Haslam maintient en perspective les débuts Relf-McCarty et le répertoire classique, sans réduire Renaissance à une seule formation ou à une seule suite.
Sources et lectures complémentaires
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