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Guide d'album classique

Wee Tam and the Big Huge

The Incredible String Band · 1968 · Folk psychédélique / Rock psychédélique

Publié par Elektra en novembre 1968, Wee Tam and the Big Huge est le quatrième album de The Incredible String Band : dix-huit titres conçus en Grande-Bretagne comme un double 33-tours, puis séparés en deux albums pour le marché américain.

Publié en novembre 1968Double album, dix-huit titresElektra EKS 74036/37
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Le disque

En bref

Artiste
The Incredible String Band
Parution
Novembre 1968
Album
Quatrième album studio
Titres originaux
Dix-huit
Label
Elektra EKS 74036/37
Producteur
Joe Boyd

Pourquoi cet album compte

Un double album, deux auteurs et quatre faces de possibilités acoustiques

Wee Tam and the Big Huge est la plus vaste déclaration studio originale de la première période de The Incredible String Band : dix-huit chansons, quatre faces de 33-tours et plus de quatre-vingts minutes de musique.

Cette ampleur ne repose pas sur une section rythmique rock. Guitare, sitar, violon, orgue, piano, flûte, harpe, gimbri, sarangi, sifflet et percussions à main redistribuent sans cesse mélodie, pulsation et couleur.

Williamson apporte dix compositions et Heron huit, mais le format britannique original invite à entendre leurs différences comme un échange à l'échelle d'un album. Le quatuor formé par Williamson, Heron, McKechnie et Simpson peut porter davantage d'arrangements comme un véritable ensemble, ce qui relie les couleurs de studio à une musique jouable en groupe. Les longues pièces Ducks on a Pond et Maya côtoient les dix-sept secondes de The Son of Noah's Brother et la brève The Mountain of God, sans faire de la durée une hiérarchie d'importance.

Le disque prolonge le psychédélisme acoustique de The Hangman's Beautiful Daughter tout en réduisant l'impression que chaque expansion doit venir d'une forte densité d'overdubs. Sa conception originale en quatre faces compte historiquement, car la branche américaine d'Elektra sépare Wee Tam et The Big Huge en deux parutions. La réussite tient au contraste soutenu : quête métaphysique, affection, humour, images élémentaires et précision instrumentale restent distincts tout en appartenant à un seul arc prolongé.

Londres, 1968

Un duo en pleine expansion devient un quatuor opérationnel

Le premier album de 1966 avait présenté Williamson, Heron et Clive Palmer comme trio acoustique d'Édimbourg. Après le départ de Palmer, Williamson et Heron reconstruisent le groupe en duo et élargissent fortement son vocabulaire instrumental sur The 5000 Spirits or the Layers of the Onion. The Hangman's Beautiful Daughter paraît en mars 1968, atteint la cinquième place au Royaume-Uni et prouve que leur écriture acoustique longue et épisodique peut trouver un public important. Les séances de Wee Tam and the Big Huge se déroulent d'avril à août 1968 aux studios Sound Techniques de Londres.

Joe Boyd produit de nouveau et John Wood assure la prise de son, poursuivant le partenariat des disques précédents. Licorice McKechnie et Rose Simpson contribuent désormais à l'ensemble du double album plutôt que d'apparaître dans un chœur isolé ou seulement sur une pochette. La période d'enregistrement plus longue et l'ensemble élargi favorisent des arrangements capables d'alterner construction studio en couches et jeu collectif direct. Elektra publie l'œuvre en novembre 1968, plaçant cet aboutissement en double album huit mois seulement après Hangman's.

Un ensemble de quatre personnes

Williamson et Heron dirigent ; McKechnie et Simpson transforment l'ensemble

Robin WilliamsonChant principal sur dix titres ; guitare, basse, piano, orgue, violon, harpe irlandaise, gimbri, sarangi, flûte, sifflet, harmonica, kazoo, batterie et percussions
Mike HeronChant principal sur huit titres ; guitare, sitar, basse, orgue, clavecin, harmonica, planche à laver et percussions
Rose SimpsonViolon, percussions et chœurs
Licorice McKechnieHarpe irlandaise, percussions et chœurs
Joe BoydProducteur pour Witchseason Productions
John WoodIngénieur du son aux studios Sound Techniques
Diogenic Attempts Ltd. et Guy WebsterConception de la pochette originale et photographie de couverture

Les dix compositions de Williamson comprennent les deux voyages de neuf minutes, trois miniatures et la chanson finale : sa contribution ne se résume donc ni par la durée ni par la solennité. Ses changements d'instrument ont une fonction structurelle : le violon peut dessiner un contour folk, l'orgue ou le piano agrandir un refrain, et le gimbri ou le sarangi déplacer le centre de gravité. Les huit chansons de Heron partent souvent d'une image ou d'une adresse directe, puis s'ouvrent par le sitar, l'orgue, le clavecin, l'harmonica ou la planche à laver sans perdre leur clarté mélodique.

Heron chante Puppies, Log Cabin Home in the Sky, You Get Brighter, Air, Greatest Friend, Cousin Caterpillar et Douglas Traherne Harding ; Beyond the Sea est également sa composition et son chant principal. Le violon et les percussions de Simpson interviennent comme couleurs choisies, non comme décoration continue, tandis que sa voix d'accompagnement aide à établir un son social à quatre. La harpe irlandaise et les percussions de McKechnie ont des fonctions tout aussi délimitées ; ses chœurs rendent les passages collectifs différents d'un simple duo Williamson-Heron doublé.

Boyd et Wood préservent l'attaque propre à chaque instrument et l'acoustique de la pièce malgré un inventaire exceptionnellement large, empêchant les quatre faces de devenir un catalogue d'instruments sans lien. L'ensemble crédité reste compact : l'abondance du double album vient surtout de quatre interprètes qui changent de fonction, et non d'un orchestre de studio anonyme.

Ampleur acoustique

Formes longues et miniatures sans moteur rock conventionnel

Job's Tears commence par la longue méditation patiente de Williamson, installant souffrance et endurance au moyen d'un mouvement acoustique répété plutôt que d'une amplification spectaculaire. Puppies, Beyond the Sea, The Yellow Snake et Log Cabin Home in the Sky réduisent ensuite l'échelle, faisant de la première face une suite de perspectives changeantes plutôt qu'une suite continue. You Get Brighter ouvre la deuxième face avec la chaleur mélodique directe de Heron, avant que The Half-Remarkable Question ne fasse de l'incertitude elle-même le sujet d'un arrangement tournant lentement.

Air sert d'intervalle léger ; Ducks on a Pond agrandit la fin de face en un cycle de neuf minutes dont les répétitions changent constamment de poids émotionnel. Maya ouvre The Big Huge avec l'autre durée de neuf minutes de l'album, utilisant la continuité modale pour approcher illusion et perception sans destination couplet-refrain conventionnelle. Greatest Friend offre une gratitude concise avant que trois pièces de Williamson ne passent d'un pont de dix-sept secondes à une menace botanique puis à une brève image de montagne.

Cousin Caterpillar rouvre la dernière face par la transformation et le jeu mélodique ; The Iron Stone donne davantage de densité à la séquence. Douglas Traherne Harding soutient la réflexion prolongée de Heron, tandis que The Circle Is Unbroken rassemble voix, harpe et forme répétée dans une déclaration finale de continuité.

Guide des titres

Dix-huit chansons réparties entre Wee Tam et The Big Huge

01

Job's Tears

Williamson ouvre le double album avec sa première grande forme. Le titre biblique installe souffrance et patience, tandis que les motifs de guitare récurrents et les changements d'accent vocal font de l'endurance un processus musical actif plutôt qu'une plainte immobile.

02

Puppies

Heron répond à la gravité de l'ouverture par un champ d'attention plus petit et affectueux. L'arrangement privilégie proximité et jeu, montrant aussitôt que les quatre faces avanceront par contraste plutôt que dans une solennité continue.

03

Beyond the Sea

Cette chanson de deux minutes de Heron rend la distance concise. Basse, orgue et clavecin encadrent une mélodie qui passe rapidement, faisant de l'horizon du titre une ouverture sans construire un long voyage.

04

The Yellow Snake

Williamson condense danger et fascination dans une autre miniature. La couleur du sarangi et la ligne vocale circulaire rendent la créature présente sans la transformer en clé allégorique fixe.

05

Log Cabin Home in the Sky

La fin de la première face imaginée par Heron propose un refuge situé dans un lieu volontairement impossible. Violon et planche à laver relient mouvement rustique et fantaisie aérienne, refermant la face entre confort domestique et fuite.

06

You Get Brighter

La deuxième face commence par une adresse directe. Clavecin et guitare de Heron soutiennent un refrain qui s'accumule, rendant la lumière relationnelle et immédiate après les créatures et les distances changeantes de la première face.

07

The Half-Remarkable Question

Williamson refuse la totalité promise par un grand titre philosophique. Répétition, sitar et inflexion vocale laissent l'interrogation provisoire ; l'arrangement continue de tourner la question au lieu de fournir une doctrine.

08

Air

La brève pièce de Heron dégage de l'espace avant la longue fin de face. Flûte et orgue donnent au titre souffle physique et suspension, créant une transition dont la légèreté participe au rythme des quatre faces.

09

Ducks on a Pond

Williamson étire une scène naturelle familière en une performance cyclique de neuf minutes. Sifflet, piano, percussions et phrases récurrentes modifient sans cesse l'échelle : l'observation devient mémoire, rituel et attention renouvelée sans quitter l'étang.

10

Maya

The Big Huge commence avec la plus longue méditation de Williamson sur l'illusion et la perception. Sitar, basse et percussions maintiennent un vaste champ modal où les images apparaissent et se dissolvent ; la durée sert à déstabiliser la certitude, non à exposer un solo.

11

Greatest Friend

Heron resserre l'échelle autour de la gratitude. L'harmonica de Williamson ajoute une franchise directe, et la chanson concise fait de l'amitié un contrepoids incarné au monde instable des apparences de Maya.

12

The Son of Noah's Brother

Avec environ dix-sept secondes, le fragment de Williamson est une véritable piste, non une introduction absorbée silencieusement par sa voisine. Son titre généalogique fait de la compression comique une partie de l'architecture de l'album.

13

Lordly Nightshade

Piano, batterie et sifflet donnent à la plante toxique de Williamson une démarche cérémonieuse. L'adjectif se heurte au danger botanique, laissant beauté, autorité et menace occuper la même courte interprétation.

14

The Mountain of God

Williamson termine la troisième face avec une autre miniature. L'orgue Hammond agrandit l'image, mais la brièveté empêche l'ascension de devenir spectacle ; la face se ferme sur un aperçu plutôt que sur le récit d'un sommet.

15

Cousin Caterpillar

Heron ouvre la dernière face en rendant l'apparentement et la transformation ludiques. Chœurs et percussions maintiennent la métamorphose dans le social, tandis que la mélodie mémorable offre une entrée immédiate dans la séquence finale.

16

The Iron Stone

Williamson donne à la matière un poids inhabituel par le sitar, la harpe et les percussions. Fer et pierre suggèrent la permanence, mais l'interprétation mouvante garde la densité vivante : la solidité devient encore un état capable de changement musical.

17

Douglas Traherne Harding

La chanson prolongée de Heron transforme un nom propre en portrait spacieux sans expliquer la personne par une biographie conventionnelle. Violon, sifflet et guitare laissent la réflexion se déployer par épisodes avant le cercle final.

18

The Circle Is Unbroken

Williamson conclut avec harpe irlandaise, orgue, sifflet et voix partagées autour d'une image de continuité. La répétition achève le double album sans le fermer : la fin renvoie aux cycles déjà entendus dans Job's Tears, Ducks et Maya.

Deux imaginaires complémentaires

Souffrance, amour, illusion, nature et continuité spirituelle

Le double album n'a pas d'intrigue unique, mais ses quatre faces éprouvent sans cesse la manière dont de petites images terrestres peuvent ouvrir de grandes questions. Job's Tears commence avec souffrance et patience ; chiots, serpent, canards et chenille placent les sentiments humains auprès de la vie animale sans réduire chaque créature à un seul symbole. Les chansons de Heron trouvent souvent la transcendance dans l'affection, l'amitié, l'abri imaginé ou l'adresse directe. Williamson encadre plus volontiers la quête par des noms religieux, l'illusion, les plantes dangereuses, la matière élémentaire et la forme circulaire.

Ces tendances se chevauchent au lieu de diviser l'album entre un Heron pratique et un Williamson mystique. Les apparences instables de Maya reçoivent pour réponse la relation concise de Greatest Friend ; la densité de The Iron Stone est suivie du portrait d'une personne nommée. Les miniatures comptent pour le concept, car une révélation peut tenir dans une relation de dix-sept secondes ou une montagne de deux minutes, et pas seulement dans une méditation de neuf minutes. Le cercle final ininterrompu donne une continuité à la séquence sans prétendre que ses images religieuses et mythiques variées forment un système unique.

Elektra 74036/37

Paroles à l'extérieur, poème et photographies à l'intérieur

Le double album stéréo britannique original porte les références Elektra EKS 74036/37 ; les exemplaires mono utilisent EKL 4036/4037. La pochette double britannique place les paroles à l'extérieur, faisant des mots une partie visible de l'objet au lieu de les cacher dans un feuillet conventionnel. À l'intérieur, un poème de Williamson et des photographies accompagnent le programme en quatre faces.

Diogenic Attempts Ltd. reçoit le crédit de conception de la pochette et Guy Webster celui de la photographie de couverture.

Les éditions américaines en simples 33-tours emploient des identités séparées pour Wee Tam et The Big Huge, avec des dispositions d'images différentes. L'emballage consigne donc le problème central des éditions : l'objet britannique présente une seule longue œuvre, tandis que les acheteurs américains rencontrent à l'origine deux albums apparentés.

Un album, deux parutions américaines

Un double album britannique divisé pour le marché américain

Elektra publie Wee Tam and the Big Huge en novembre 1968. La Grande-Bretagne et l'Europe reçoivent le double album prévu ; aux États-Unis, Wee Tam et The Big Huge paraissent comme deux 33-tours séparés. Les deux volumes américains entrent ensemble au classement des albums Billboard en mars 1969 : Wee Tam atteint la 174e place et The Big Huge la 180e.

Ces modestes positions américaines ne doivent pas être fusionnées en un classement fictif du double album. La séparation modifie aussi la réception en demandant aux auditeurs d'acheter et de découvrir les deux moitiés distinctement. Les évaluations rétrospectives apprécient souvent l'ensemble complet comme l'expression la plus large de l'expansion du groupe en 1967-1968, tout en reconnaissant que sa longueur exige une écoute attentive à l'enchaînement.

Le quatrième album

Le centre expansif de la première période Elektra

L'album achève une rapide trilogie de réinvention commencée par The 5000 Spirits et intensifiée par The Hangman's Beautiful Daughter. Ses arrangements de quatuor annoncent le groupe formellement élargi de Changing Horses. Ducks on a Pond et Maya démontrent une forme longue bâtie par retour, accumulation et continuité modale plutôt que par virtuosité rock. The Son of Noah's Brother et The Mountain of God montrent qu'une brièveté extrême peut porter un poids structurel dans un double album.

La franchise mélodique de Heron et l'écriture associative de Williamson restent audibles comme deux signatures distinctes sans briser le programme. La séparation américaine originale crée une complication durable de catalogue, rendant les éditions réunies ultérieures particulièrement importantes pour comprendre l'œuvre. La largeur instrumentale demeure influente, mais la leçon profonde tient à l'économie d'ensemble : quatre personnes créent l'ampleur en changeant de fonction à chaque chanson. Écouté au complet, le disque est moins un entrepôt d'excentricités qu'un plaidoyer soigneusement rythmé pour l'attention à de multiples durées.

Programme original

Conserver les quatre faces originales dans l'ordre

Double vinyle britannique originalEKS 74036/37 en stéréo : dix-huit titres sur quatre faces, conservant Wee Tam et The Big Huge comme un seul programme.
Éditions américaines originales séparéesEKS 74036 et EKS 74037 sont vendus séparément comme Wee Tam et The Big Huge ; les deux moitiés sont nécessaires pour obtenir la séquence complète.
Réédition complèteChoisissez une édition qui conserve les dix-huit titres dans l'ordre et indique la frontière originale entre les deuxième et troisième faces.

L'œuvre britannique originale est un seul double album. Elle contient dix-huit pistes réparties sur quatre faces. Log Cabin Home in the Sky clôt la première face. Ducks on a Pond clôt la deuxième face et Wee Tam.

The Mountain of God clôt la troisième face. The Circle Is Unbroken clôt la quatrième face et The Big Huge. Williamson écrit dix titres et Heron huit. Il ne faut pas utiliser la séparation américaine pour omettre l'une des deux moitiés.

Parcours d'écoute

Aller des larmes de Job au cercle ininterrompu

  1. Commencez par la patience de Job's Tears.
  2. Laissez la première face se resserrer entre créatures, distance et refuge impossible.
  3. Écoutez Air dégager l'espace pour le long cycle de Ducks on a Pond.
  4. Repartez avec Maya, ouverture de la troisième face originale.
  5. Remarquez comment un ami et deux miniatures répondent à son ampleur.
  6. Entrez dans la dernière face par la transformation de Cousin Caterpillar.
  7. Suivez le fer, une figure humaine nommée et le cercle final sans rompre l'ordre original.

Pistes de recherche

Sources et lectures complémentaires

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Genres et scènes

Sons et instruments

  • Orgue Hammond