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Van der Graaf Generator en concert au Brewhouse de Göteborg en 2021
Van der Graaf Generator en concert au Brewhouse de Göteborg, le 28 octobre 2021.Photo : Gunnar Creutz / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · Conversion en WebP
Rock progressif

Van der Graaf Generator

Orgue, saxophone et une voix poussée à la limite.

Manchester, AngleterreOrigine
1967–1972 ; 1975–1978 ; réuni en 2005Activité
Rock progressifGenre
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Vue d’ensemble

Van der Graaf Generator construit son rock progressif autour d’un centre de gravité inhabituel. Les chansons de Peter Hammill et les brusques variations de son chant s’inscrivent dans les fondations d’orgue et de pédalier-basse de Hugh Banton, les saxophones et flûtes de David Jackson et la batterie extrêmement réactive de Guy Evans. La guitare est bien présente — Hammill en joue dans tout le catalogue — mais le quatuor classique ne dépend ni d’un guitariste soliste permanent ni d’un bassiste conventionnel. Harmonie, registre grave et attaque instrumentale peuvent ainsi changer de fonction au sein d’un même morceau.

Formation et histoire

Peter Hammill et Chris Judge Smith fondent la première mouture à l’université de Manchester en 1967 avec l’organiste Nick Pearne. Après des déménagements, des changements de personnel et un vol de matériel, ce groupe se dissout. Hammill enregistre ensuite ce qui commence comme un projet solo avec Hugh Banton, le bassiste Keith Ellis et le batteur Guy Evans ; en 1969, Mercury publie The Aerosol Grey Machine sous le nom de Van der Graaf Generator dans le cadre de l’accord qui libère Hammill de son contrat.

Chez Charisma, Hammill, Banton et Evans sont rejoints par le saxophoniste et flûtiste David Jackson et le bassiste Nic Potter. Potter quitte le groupe pendant les séances de H to He, Who Am the Only One ; Banton assure alors la basse en studio et le pédalier-basse sur scène, établissant le quatuor entendu sur Pawn Hearts. L’épuisement et les difficultés financières mettent fin à cette période en 1972. Les quatre mêmes musiciens se reforment en 1975 et enregistrent Godbluff, Still Life et World Record. Banton et Jackson partent ensuite ; sous le nom abrégé Van der Graaf, le groupe continue avec le retour de Nic Potter, le violoniste Graham Smith puis le violoncelliste Charles Dickie, jusqu’à la séparation de 1978.

Le quatuor classique annonce sa réunion en novembre 2004, publie Present en 2005 et se produit cette année-là. Jackson part après les concerts de la réunion. Hammill, Banton et Evans poursuivent en trio, réalisent quatre autres albums studio jusqu’à Do Not Disturb en 2016 et se produisent encore en 2022.

Son et style

Les orgues modifiés de Banton peuvent fournir simultanément accords, poids distordu et fréquences graves ; après le départ de Potter, il associe pédalier-basse et basse électrique en studio. Jackson joue souvent de deux saxophones à la fois et fait passer les anches par l’amplification et les effets, se déplaçant entre mélodie, masse harmonique et bruit. Evans ne se contente pas de souligner les mesures irrégulières : couleur des cymbales, roulements et accents déplacés remodèlent continuellement la densité de l’ensemble. Hammill alterne chant, piano et guitare, laissant parfois une ligne calme porter autant de force structurelle qu’un sommet crié.

Les arrangements sont donc moins dépourvus de guitare que fondés sur la mobilité des rôles. « Killer » avance sur un riff collectif récurrent ; « Man-Erg » interrompt sa chanson menée au piano par de violents blocs instrumentaux ; « A Plague of Lighthouse Keepers », qui occupe une face entière, est assemblé en studio à partir de sections reliées. Le retour de 1975 est plus dépouillé et plus facilement reproductible sur scène, tandis que le trio d’après 2005 intègre l’absence des saxophones à sa conception en exposant davantage la guitare de Hammill et l’orgue de Banton.

MembresFondateurs : Peter Hammill (chant, guitare et piano), Chris Judge Smith (chant et batterie) et Nick Pearne (orgue). Quatuor classique : Hammill, Hugh Banton (orgue, pédalier-basse et basse), David Jackson (saxophones et flûte) et Guy Evans (batterie). Nic Potter joue de la basse dans les formations de 1969–1970 et 1977–1978 ; Graham Smith et Charles Dickie façonnent la dernière formation Van der Graaf. Depuis le départ de Jackson après 2005, Hammill, Banton et Evans travaillent en trio.

Albums essentiels

Charisma · Édition originale de 1971

Trois compositions occupent l’album britannique original. « Lemmings (Including Cog) » reconstruit sans cesse son matériau d’ouverture au lieu de se fixer dans une forme couplet-refrain ; « Man-Erg » dispose une chanson menée au piano autour d’un passage central féroce joué par l’ensemble. La seconde face contient les vingt-trois minutes de « A Plague of Lighthouse Keepers », dont les dix sections reliées sont assemblées par réenregistrement et montage. Robert Fripp apporte de la guitare, mais l’identité du disque demeure dans la collision entre l’orgue de Banton, les anches traitées de Jackson, les percussions d’Evans et la voix, le piano et la guitare de Hammill.

Titres clés : Lemmings (Including Cog) · Man-Erg · A Plague of Lighthouse Keepers

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Charisma · Édition originale de 1970

Cet album de cinq titres saisit une formation en pleine mutation pendant les séances. Nic Potter joue de la basse sur « Killer », « The Emperor in His War Room » et « Lost » avant de partir ; Banton prend la basse sur « House with No Door » et « Pioneers Over c », tandis que Robert Fripp est invité sur « The Emperor ». Cette transition accentue le contraste entre le riff récurrent et direct de « Killer », le piano et la voix mis à nu de « House with No Door » et le long récit de science-fiction de « Pioneers Over c ».

Titres clés : Killer · The Emperor in His War Room · Pioneers Over C

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Still Life

1976

Charisma · Édition originale de 1976

Le deuxième album après la réunion de 1975 n’est pas un document de retour, mais un disque de cinq chansons à l’enchaînement rigoureux. « Pilgrims » s’ouvre dans un mouvement mesuré, presque hymnique ; le morceau-titre examine l’immortalité dans un cadre retenu mené par l’orgue ; « La Rossa » transforme désir et remords en l’une des interprétations les plus explosives du quatuor. « My Room » crée un espace intérieur plus calme avant que « Childlike Faith in Childhood’s End » ne referme l’album par un long développement plutôt que par une résolution conventionnelle.

Titres clés : Pilgrims · Still Life · La Rossa

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Pour aller plus loin

Godbluff

1975

Le premier album studio après la réunion de 1975 ne contient que quatre longues pièces : « The Undercover Man », « Scorched Earth », « Arrow » et « The Sleepwalkers ». Écrit pour le quatuor Hammill–Banton–Jackson–Evans reconstitué et développé pour la scène, il est plus dépouillé que Pawn Hearts, construit en studio, sans renoncer aux brusques changements de mesure, à la distorsion des anches ni aux chocs dynamiques.

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Dernier album studio du quatuor classique avant le départ de Banton et Jackson. « When She Comes » et « A Place to Survive » sont relativement directs, tandis que les vingt minutes de « Meurglys III, The Songwriters Guild » accordent à la guitare électrique de Hammill un rôle structurel inhabituellement important. Pour conclure, « Wondering » offre un contrepoids spacieux au centre plus dur du disque.

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Vital

1978

Enregistré au Marquee le 16 janvier 1978 par la formation avec violon et basse créditée sous le nom Van der Graaf. Hammill, Evans, Potter, Smith et Dickie sont rejoints par David Jackson comme invité ; Hugh Banton est absent. La piste d’enregistrement réservée à Jackson ayant échoué, le son de saxophone conservé doit être récupéré en grande partie par la repisse des autres micros : l’album est donc à la fois un puissant document de concert et un témoignage technique imparfait.

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Pourquoi leur héritage demeure

Le catalogue conserve plusieurs solutions réellement différentes à un même problème d’ensemble. Les disques de 1970–1971 suppriment la hiérarchie conventionnelle de la section rythmique ; le retour de 1975 transforme la complexité du studio en musique que le quatuor peut reproduire sur scène ; la formation Van der Graaf de 1977 remplace l’axe orgue-saxophone par violon, basse et violoncelle ; le trio d’après 2005 travaille sans Jackson. Cette histoire est plus éclairante qu’une simple liste d’influences supposées.

La longévité du groupe est elle aussi concrète plutôt que rhétorique. Present réunit le quatuor classique en 2005, quatre albums ultérieurs en trio culminent avec Do Not Disturb en 2016, et le groupe continue à se produire jusqu’en 2022. Son importance tient à une méthode restée ouverte au retrait et à la réinvention : l’écriture de Hammill, le rôle réaménagé des claviers de Banton et la réactivité rythmique d’Evans peuvent subsister sans figer une formation célébrée.

Sources et lectures complémentaires

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