Aller au contenu Illustration éditoriale originale de RetroForge pour Magma
Rock progressif / Zeuhl

Magma

Un ensemble parisien construit autour du rythme, de voix en masse et de la langue kobaïenne.

Paris, FranceOrigine
Depuis 1969Activité
Rock progressif / ZeuhlGenre
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Vue d’ensemble

Christian Vander fonde Magma à Paris en 1969 et donne au groupe un univers artistique d’une cohérence inhabituelle : un répertoire partiellement chanté dans la langue kobaïenne inventée, des récits récurrents associés à la planète Kobaïa et une méthode musicale centrée sur la batterie, la basse et des voix en masse. Le premier double album conserve une importante présence des cuivres et un mouvement jazz-rock ; à l’époque de Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh, le chœur et une lourde pulsation cyclique occupent le centre. Cette approche évolutive devient le point de référence du style appelé Zeuhl.

Magma sur scène au Roadburn Festival de Tilburg en 2017
Magma sur scène au Roadburn Festival de Tilburg, avril 2017.Photo : Grywnn / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · conversion WebP

Formation et histoire

Les huit musiciens du premier album de 1970 viennent du jazz, du classique, du blues, du rock et de la pop. Vander joue de la batterie et chante ; Claude Engel apporte guitare et flûte, Francis Moze la basse, François Cahen le piano, Teddy Lasry et Richard Raux les anches et la flûte, Alain Charlery la trompette et les percussions, et Klaus Blasquiz le chant. Enregistré à Europa Sonor à Paris en avril 1970, le double vinyle raconte la fuite d’une Terre endommagée vers Kobaïa tout en établissant la langue employée pour ce récit.

Le personnel change rapidement. Blasquiz reste une voix principale déterminante au début des années 1970, tandis que l’arrivée de Jannick Top donne à la basse un poids et une indépendance nouveaux. Stella Vander apparaît pour la première fois sur disque dans le chœur de Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh. Après des périodes consacrées à des projets comme Offering et le Christian Vander Trio, Magma reprend une activité scénique régulière en 1996. Des albums studio ultérieurs comme K.A, Ëmëhntëhtt-Ré, Zëss et le collectif Kartëhl montrent que le groupe n’est pas resté un simple interprète de son répertoire ancien.

Son et style

Le son change nettement au fil du catalogue. Kobaïa place saxophones, trompette, flûte, guitare électrique et piano autour d’une section rythmique puissante. Sur Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh, les cuivres reculent et un ensemble de voix féminines rejoint Christian Vander et Klaus Blasquiz, transformant sept mouvements reliés en un drame choral soutenu. Köhntarkösz déplace encore l’équilibre : la basse de Jannick Top, deux claviers et la batterie plus retenue mais extrêmement lourde de Vander créent de longues étendues de tension suspendue.

Le kobaïen sert le son autant que le récit. Les syllabes répétées permettent aux voix de fonctionner comme des percussions, tandis que les voyelles tenues et les parties superposées élargissent l’harmonie. Les lignes de basse portent souvent un contour mélodique indépendant au lieu de seulement renforcer les accords de guitare. Le résultat peut puiser dans l’improvisation jazz, la répétition classique, le rhythm and blues et le volume rock sans se fixer dans la répartition traditionnelle des rôles d’aucune de ces traditions.

MembresFondateur et directeur musical permanent : Christian Vander (batterie, chant, composition). Parmi les principaux collaborateurs des débuts figurent Klaus Blasquiz (chant), Jannick Top et Francis Moze (basse), François Cahen et Michel Graillier (claviers), Teddy Lasry et Richard Raux (anches), et Claude Engel (guitare, flûte). Stella Vander apparaît pour la première fois sur disque dans le chœur de M.D.K. et devient une chanteuse et productrice durable. Magma a traversé de nombreuses formations distinctes plutôt que de conserver une liste fixe de membres.

Albums essentiels

Vertigo · Édition originale de 1973

Enregistrée au Manor à Oxford et à l’Aquarium à Paris, cette suite en sept parties resserre la large palette jazz-rock du premier groupe autour du chœur, de la section rythmique, des claviers, de la guitare et de la clarinette. La basse de Jannick Top se verrouille sur la batterie de Vander tandis que Klaus Blasquiz, Christian Vander, Stella Vander et quatre autres chanteurs portent une construction vocale constamment croissante. Il s’agit du troisième mouvement de la trilogie Theusz Hamtaahk, même s’il fut le premier des trois à paraître sous forme d’album studio.

Titres clés : Hortz Fur Dëhn Stekëhn Ẁest · Da Zeuhl Ẁortz Mëkanïk · Kreühn Köhrmahn Iss Dëh Hündïn

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Vertigo · Édition française originale de 1974

Ce vinyle simple s’organise autour de la composition-titre en deux parties ; « Ork Alarm » de Top et le bref hommage de Vander à John Coltrane, « Coltrane Sündïa », complètent le programme. La formation comprend Vander, Top, Blasquiz, Stella Vander, les claviéristes Gérard Bikialo et Michel Graillier et le guitariste Brian Godding. Par rapport à M.D.K., les voix prennent moins de place tandis que la basse et les deux claviers rendent la progression lente de l’œuvre-titre plus dense et suspendue.

Titres clés : Köhntarkösz, première partie · Köhntarkösz, deuxième partie · Coltrane Sündia

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Magma

1970

Philips · Double vinyle français original de 1970

Le premier album introduit Kobaïa en dix pièces et avec un vaste arrangement pour huit musiciens. « Kobaïa » s’ouvre par la combinaison de basse, batterie martelée, guitare et cuivres qui encadre le disque ; « Aïna » et « Sohia » traversent des sections vocales et instrumentales contrastées ; « Stoah » pousse répétition et chant vers la méthode que Magma intensifiera ensuite. Les anches et la trompette le rendent plus ouvertement jazz-rock que les albums dominés par les chœurs qui suivront.

Titres clés : Kobaïa · Aïna · Stoah

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Pour aller plus loin

Üdü Ẁüdü documente une transition entre formations plutôt qu’un son de séance uniforme. Son centre de gravité est « De Futura » de Jannick Top, construit sur une basse distordue, des claviers imbriqués et une pulsation grave répétée ; les pièces plus courtes de Vander placent écriture chorale et figures rythmiques découpées autour de ce noyau. L’album rend impossible d’ignorer le rôle de Top comme compositeur, non seulement comme bassiste.

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Attahk

1978

Enregistré au Château d’Hérouville de septembre à novembre 1977, Attahk remplace l’architecture occupant une face entière par sept titres plus courts. Vander assume davantage le chant solo et emploie piano, Rhodes, Chamberlin et percussions aux côtés de deux parties de basse, de cuivres et d’un petit chœur. « The Last Seven Minutes », « Spiritual » et « Nono » introduisent dans le vocabulaire de Magma des appels-réponses teintés de gospel et une surface rythmique plus directe. H. R. Giger conçoit la pochette.

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Ces enregistrements proviennent de trois concerts donnés en juin 1980 à l’Olympia de Paris pour célébrer la première décennie de Magma et réunir des musiciens de différentes périodes. Retrospektïẁ 1/2 inscrit enfin sur disque le premier mouvement de la trilogie Theusz Hamtaahk aux côtés de M.D.K. ; Retrospektïẁ 3, publié séparément, contient « Retrovision », « Hhaï » et « La Dawotsin ». Ces parutions fonctionnent donc comme un panorama du répertoire avec chanteurs et combinaisons instrumentales changeants, non comme le simple document d’une seule formation de tournée.

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Pourquoi leur héritage demeure

Magma établit un vocabulaire musical reproductible sans le figer. Le lien étroit entre basse et batterie, l’écriture chorale en kobaïen et la répétition de longue durée donnent aux musiciens ultérieurs un modèle concret du Zeuhl, tandis que les différences entre Kobaïa, Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh, Köhntarkösz et Attahk montrent combien ce modèle peut changer. L’histoire officielle du groupe décrit un retour continu à l’écriture nouvelle après la reprise scénique de 1996, culminant récemment dans la méthode collective de Kartëhl. Cette combinaison d’un langage reconnaissable et d’un personnel changeant explique pourquoi Magma est davantage qu’un catalogue des années 1970 soigneusement conservé.

Sources et lectures complémentaires

Magma officiel — Biographie documente les formations successives, le retour sur scène en 1996 et les travaux studio ultérieurs. Magma officiel — Discographie fournit la chronologie des albums du groupe.

Seventh Records — Kobaïa fournit le personnel de 1970, le programme de dix titres et les détails d’enregistrement. Seventh Records — Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh et Seventh Records — Köhntarkösz documentent leur personnel et leur structure. Seventh Records — Retrospektïẁ identifie les concerts de juin 1980 à l’Olympia et la configuration originale des parutions.

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