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Couverture de The Show That Never Ends: The Rise and Fall of Prog Rock — David Weigel
Couverture via Open Library · ISBN 9780393356021
Le salon de lecture · Livre 007

The Show That Never Ends: The Rise and Fall of Prog Rock

David Weigel

Un récit compact de la manière dont le prog est devenu gigantesque, ridicule aux yeux de ses ennemis et impossible à tuer

Première publication2017
ÉditeurW. W. Norton & Company
Édition sélectionnéeISBN 9780393356021
Rock progressifKing CrimsonYesELP

Un récit compact de la manière dont le prog est devenu gigantesque, ridicule aux yeux de ses ennemis et impossible à tuer

The Show That Never Ends de David Weigel prend au sérieux l’une des plaisanteries favorites de l’histoire du rock. Pendant une partie des années 1970, le rock progressif atteint une échelle commerciale énorme : Yes, Emerson Lake & Palmer, Jethro Tull, Genesis et des groupes voisins vendent des albums et remplissent de grandes salles avec une musique fondée sur les formes longues, les arrangements élaborés et une technologie coûteuse. Puis le climat critique change, et le prog devient un raccourci pour désigner l’excès, la prétention et tout ce que le punk aurait soi-disant été envoyé détruire. Weigel revisite ce récit familier avec sympathie mais sans dévotion aveugle, en suivant l’ascension du genre, ses ambitions, le retour de bâton et la persistance des idées progressives longtemps après la rédaction de leurs avis de décès. Avec un volume d’environ trois cent cinquante pages selon l’édition, le livre reste plus compact que plusieurs autres grandes histoires de la Reading Room, et cette économie définit à la fois son attrait et ses limites.

Les principaux protagonistes

King Crimson, Yes et Emerson Lake & Palmer occupent des positions particulièrement importantes dans le récit de Weigel, un choix qui reflète leurs manières très différentes de rendre le rock progressif culturellement visible. Le premier album de King Crimson, en 1969, provoque l’un des chocs fondateurs du genre ; Yes transforme une écriture complexe et de longue durée en un langage lumineux et commercialement puissant ; ELP pousse la virtuosité, la technologie et l’échelle scénique jusqu’au point où les admirateurs voient de la grandeur et les critiques de l’autoparodie. Autour d’eux, Weigel fait entrer the Moody Blues, Jethro Tull, Pink Floyd, Kansas, Rush, Genesis et d’autres, tout en remontant vers les influences et en avançant vers des artistes qui ont prolongé des idées progressives au cours des décennies suivantes. Le titre, emprunté à ELP, est consciemment bien choisi : le « spectacle » du prog a été déclaré terminé à maintes reprises, mais chaque génération semble produire de nouveaux musiciens et de nouveaux publics disposés à le rouvrir.

Plus que « le punk a tué le prog »

Le cliché veut que le punk soit arrivé avec trois accords et une épingle à nourrice, puis que les dinosaures se soient effondrés. Le récit de Weigel est plus utile parce qu’il montre combien d’instabilité existait déjà au sommet commercial du rock progressif. Tournées coûteuses, changements de formation, albums difficiles, attentes mouvantes du public et distance croissante entre l’expérimentation underground et le professionnalisme des arènes avaient déjà transformé la scène avant que le punk ne fournisse un langage particulièrement efficace pour l’attaquer. Certains musiciens progressifs se sont adaptés, certains ont glissé vers la pop, certains groupes se sont dissous, tandis que d’autres sont revenus plus tard devant des publics qui, eux, n’avaient jamais disparu. Des disques autrefois considérés comme embarrassants ont ensuite été réhabilités par de jeunes musiciens et critiques. Weigel montre particulièrement bien qu’un genre possède aussi une histoire de sa réputation : journalistes, labels, fans et artistes ultérieurs réécrivent sans cesse ce qui compte comme ambitieux, excessif, à la mode ou digne d’être redécouvert.

L’avantage du journaliste

Weigel est reporter de métier, et le livre bénéficie d’un instinct narratif qui maintient les personnes en mouvement dans l’histoire plutôt que de transformer le genre en plaidoyer théorique pour sa défense. Les entretiens avec des musiciens, des professionnels de l’industrie et des fans donnent au récit des personnalités et des tournants qu’un nouveau venu peut suivre sans connaître d’avance chaque branche du rock progressif. Tout aussi important, Weigel n’a pas honte d’aimer cette musique. Certaines histoires du prog sont tellement occupées à réfuter les anciennes accusations de prétention que la musique disparaît sous l’argumentation. Ici, l’absurde peut être reconnu sans conclure pour autant que l’ambition était une erreur. Ce ton fait du livre une porte d’entrée particulièrement efficace, car le lecteur n’a pas à choisir entre révérence et moquerie avant même d’entrer dans l’histoire.

Ce qu’il fait bien

Le rythme est la grande vertu du livre. Le rock progressif peut déjà intimider les nouveaux venus avec ses longues compositions, ses histoires de personnel complexes et son immense catalogue ; un récit lisible possède donc une véritable valeur, et un livre n’a pas besoin de reproduire la durée de Tales from Topographic Oceans pour prouver qu’il prend le genre au sérieux. Weigel excelle aussi dans le cadrage, en utilisant l’instabilité du mot « prog » de manière productive plutôt qu’en forçant chaque artiste à entrer dans une formule rigide. Surtout, il explique l’histoire du rejet critique lui-même. Un nouvel auditeur peut légitimement se demander comment une musique ayant vendu des millions de disques a pu devenir pendant des décennies une cible facile pour les critiques, et The Show That Never Ends fait de ce renversement un élément de l’histoire culturelle au lieu de traiter la dérision comme un verdict allant de soi sur la musique.

Ce qu’il laisse de côté

La compacité rétrécit inévitablement la carte. Des critiques ont relevé que des groupes comme Gentle Giant et Camel reçoivent nettement moins d’attention que les principaux protagonistes, tandis que les lecteurs dont la conception du prog commence par Canterbury, le rock symphonique italien, Rock in Opposition ou des scènes européennes plus obscures trouveront la couverture sélective. Le « rise and fall » du sous-titre impose aussi une forme dramatique que le livre lui-même finit en partie par contredire, puisque la musique progressive ne s’est pas simplement effondrée avant de disparaître : elle s’est dispersée, a muté et est revenue sous d’autres noms et dans d’autres scènes. Les collectionneurs cherchant une profondeur discographique exhaustive doivent donc considérer Weigel comme une porte d’entrée plutôt que comme une bible de référence. Le livre fonctionne au mieux lorsque son efficacité narrative envoie le lecteur vers des histoires plus vastes ou plus spécialisées.

Qui devrait le lire ?

C’est l’un des meilleurs choix pour un lecteur curieux qui veut une histoire plutôt qu’un catalogue. Si la question est de comprendre pourquoi le prog est devenu si important, pourquoi les critiques ont ensuite pris l’habitude d’en faire un symbole de l’excès rock et pourquoi on l’écoute encore des décennies après sa mort supposée, Weigel propose un parcours clair et vivant à travers le débat. Les lecteurs déjà profondément investis dans le genre trouveront Mike Barnes plus ample sur les groupes britanniques, et Hegarty et Halliwell plus analytiques sur ce qu’est devenu le progressif après son effondrement supposé. The Show That Never Ends se place précisément entre ces deux approches : assez large pour expliquer l’arc culturel, assez compact pour ne pas ensevelir le nouveau venu sous chaque branche de l’arbre généalogique.

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