Aller au contenu Illustration éditoriale originale de RetroForge pour Amon Düül II
Krautrock / Rock psychédélique

Amon Düül II

De la commune Amon Düül de Munich à une voix majeure du rock psychédélique allemand.

Munich, AllemagneOrigine
1968 – 1981 ; réunions ultérieuresPériode d’activité
Krautrock / Rock psychédéliqueGenre
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Vue d’ensemble

Amon Düül II occupe une place singulière dans le paysage du krautrock. Ses premiers disques associent rock psychédélique structuré, improvisation collective, percussions denses, violon, claviers et guitare électrique. Ce langage d’ensemble le distingue de la précision motorik ou de l’électronique construite en studio souvent utilisées pour résumer la musique expérimentale ouest-allemande.

L’identité du groupe ne s’est jamais réduite à un seul instrument. Chris Karrer et John Weinzierl se partageaient les guitares, Karrer apportait aussi violon et saxophone, Falk Rogner fournissait orgue et claviers, et la voix de Renate Knaup passait de la mélodie à une intensité théâtrale. Il en résultait une forme particulièrement physique et dramatique de psychédélisme.

Amon Düül II sur scène
Amon Düül dans une publicité Billboard datée du 22 juillet 1972. Photo : photographe inconnu / Billboard / Wikimedia Commons · Domaine public · Conversion WebP

Formation & histoire

Amon Düül II naît en 1968 de la vaste commune artistique Amon Düül de Munich. Lorsqu’une occasion d’enregistrer divise le collectif, les membres aux ambitions musicales les plus affirmées forment un groupe distinct tout en conservant le nom commun. Amon Düül et Amon Düül II se produisent tous deux aux Internationale Essener Songtage en septembre 1968, rendant la scission publique.

La première formation s’organise autour de Chris Karrer, John Weinzierl, Falk Rogner, Renate Knaup, du bassiste Dave Anderson et des batteurs Peter Leopold et Dieter Serfas, avec Christian « Shrat » Thierfeld parmi les autres premiers contributeurs. Liberty publie Phallus Dei en 1969. Ses quatre pièces courtes mènent au morceau-titre d’environ vingt et une minutes qui occupe toute la seconde face. Le double album Yeti place ensuite les compositions sur le premier disque et les improvisations collectives sur le second, établissant l’équilibre qui définit la période la plus connue du groupe.

Son & style

Le premier son d’Amon Düül II repose sur la friction entre arrangement et improvisation. Le violon et la guitare de Karrer, la guitare de Weinzierl, les claviers de Rogner et les percussions superposées peuvent avancer ensemble dans un passage composé, puis se relâcher en texture collective ouverte. Le rythme adopte rarement la pulsation motorik régulière associée à Neu! ; il accélère, encombre le temps et change de poids à mesure que les musiciens réagissent les uns aux autres.

Le chant de Knaup apporte une autre source de contraste, passant du chant rock direct à la psalmodie et à l’exclamation théâtrale. Sur Yeti, le premier 33-tours structuré et le second improvisé révèlent combien le même caractère instrumental survit aux deux méthodes. Tanz der Lemminge prolonge cette approche par des compositions plus longues en plusieurs parties et une ultime improvisation collective.

Membres Noyau initial : Chris Karrer (guitare, violon, saxophone, chant), John Weinzierl (guitare, basse, piano, chant), Falk Rogner (claviers), Renate Knaup (chant), Dave Anderson (basse), Peter Leopold et Dieter Serfas (batterie), avec Christian « Shrat » Thierfeld (bongos, chant, violon). La formation change à plusieurs reprises au cours des périodes ultérieures du groupe.

Albums essentiels

Yeti

1970

Liberty · Original 1970 release

Le double album de 1970 est le meilleur point de départ car il présente les deux facettes du premier groupe. Le premier 33-tours va du multipartite Soap Shop Rock à des pièces compactes comme Archangels Thunderbird et Eye-Shaking King ; le second est consacré à trois improvisations collectives, conclues par Sandoz in the Rain.

Titres clés : Soap Shop Rock, A. Burning Sister, B. Halluzination Guillotine, C. Gulp a Sonata, D. Flesh-Coloured Anti-Aircraft Alarm · Eye-Shaking King · Sandoz in the Rain (Improvisation)

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Liberty · Original 1969 release

Le premier album puise dans le répertoire live du groupe. Quatre pièces courtes occupent la première face ; les quelque vingt et une minutes de Phallus Dei remplissent la seconde. Deux batteurs, les percussions manuelles, l’orgue, le violon et les guitares superposées en font le plus densément rituel des trois premiers albums.

Titres clés : Kanaan · Phallus Dei · Luzifers Ghilom

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Liberty · Original 1971 release

Le troisième album réorganise l’échelle du groupe en longues suites multipartites. Syntelman’s March of the Roaring Seventies et Restless Skylight-Transistor-Child dominent le premier 33-tours, tandis que Chamsin Soundtrack clôt le second avec la principale improvisation collective du disque.

Titres clés : Syntelman's March of the Roaring Seventies: In the Glassgarden · Race From Here to Your Ears: Overheated Tiara · Chamsin Soundtrack: Toxicological Whispering

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Pour aller plus loin

Wolf City

1972

Un album de 1972 plus concis qui conserve les textures inhabituelles de l’ensemble dans des chansons plus courtes. Surrounded by the Stars et Green-Bubble-Raincoated-Man rendent immédiatement clair son profil mélodique plus incisif.

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L’album de 1973 s’oriente vers une écriture plus compacte sans abandonner le détail politique ou psychédélique. A Morning Excuse et l’anti-impérialiste Mozambique montrent deux facettes de cette transition.

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Hijack

1974

Sorti en 1974, Hijack est un disque poli et délibérément éclectique qui circule entre hard rock, funk, chant théâtral et couleurs électroniques au lieu de prolonger les longues improvisations des premiers albums.

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Pourquoi leur héritage demeure

Phallus Dei, Yeti et Tanz der Lemminge documentent trois solutions distinctes au même problème : comment un ensemble issu d’une commune peut transformer l’improvisation collective en structures d’album durables. Leur évolution rapide, d’un premier disque dérivé du live à la conception composée/improvisée de Yeti, puis aux suites étendues de Tanz der Lemminge, constitue l’argument le plus fort de leur importance historique.

Ils montrent aussi pourquoi le krautrock ne peut se réduire à une seule méthode. Tandis que Can plaçait souvent le groove au centre et que Kraftwerk poursuivait toujours davantage la précision électronique, Amon Düül II conservait une volatilité acoustique et théâtrale : violon, percussions manuelles, voix multiples et textures de guitare instables restaient essentiels, même lorsque l’écriture devenait plus concise.

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