Vue d’ensemble
Big Brother and the Holding Company émerge de la culture des ballrooms de San Francisco avant l’arrivée de Janis Joplin en 1966. Sam Andrew, James Gurley, Peter Albin et le batteur Dave Getz ont déjà développé une forme puissante et collective de rock psychédélique dont les textures de guitare instables et le répertoire de blues électrique reposent davantage sur l’interaction que sur le polissage.
Joplin transforme la portée du groupe sans réduire les autres musiciens au rôle d’accompagnateurs anonymes. Leurs prestations à Monterey en 1967 attirent l’attention nationale ; l’album Columbia Cheap Thrills de 1968 réunit ensuite six interprétations en studio et un enregistrement de concert à Winterland, devenant le sommet commercial du groupe. Après les départs de Joplin et Andrew à la fin de 1968, Big Brother se reforme et réalise encore deux albums pour Columbia avant de se séparer en 1972.
Formation & histoire
Peter Albin, Sam Andrew, James Gurley et le batteur Chuck Jones forment la première équipe à la fin de 1965. Dave Getz remplace Jones au début de 1966, et Joplin arrive plus tard la même année. Le quintette se produit à l’Avalon Ballroom, au Fillmore et sur d’autres scènes de la baie avant que le Monterey International Pop Festival de juin 1967 ne présente Joplin et le groupe à un public national. Mainstream publie leur premier album éponyme en août, à partir d’enregistrements concis réalisés pour l’essentiel en décembre 1966.
John Simon, pour Columbia, produit les séances du printemps 1968 de Cheap Thrills. Six titres sont des interprétations en studio présentées avec une ambiance de concert ; seul « Ball and Chain » provient d’un véritable concert, enregistré au Winterland Ballroom. Joplin et Andrew partent en décembre 1968. Andrew, Albin, Gurley et Getz reforment le groupe à la fin de 1969 avec Nick Gravenites, Kathi McDonald et David Schallock, enregistrant Be a Brother et How Hard It Is avant la séparation de 1972. Quatre membres du noyau se réunissent en 1987, puis le groupe continue avec des formations changeantes.
Son & style
Le son de Big Brother pendant la période Joplin superpose deux guitares électriques contrastées à la basse d’Albin et à la batterie puissante et mobile de Getz. Gurley étire les notes en larsen et bends distordus ; Andrew apporte plus souvent le mouvement des accords, les riffs et un contrepoids vocal. Joplin ne se contente pas de surplomber cette texture : sur « Combination of the Two », « Piece of My Heart » et « Ball and Chain », son phrasé se mesure au tempo, au volume et aux espaces ouverts du groupe.
La formation d’après 1969 modifie l’équilibre. Schallock ajoute une troisième guitare, tandis que Gravenites apporte une écriture fondée sur le blues et la soul et que McDonald tient un rôle vocal de premier plan. Be a Brother répartit le chant principal au lieu d’installer une remplaçante unique de Joplin ; How Hard It Is intègre davantage l’orgue et le piano de Mike Finnigan, orientant le groupe vers le soul-rock, le boogaloo et des arrangements de studio plus serrés.
Albums essentiels
Cheap Thrills
1968La percée Columbia en sept titres va de l’ouverture aux voix partagées de Sam Andrew à « Summertime » et « Piece of My Heart », puis au « Ball and Chain » de Big Mama Thornton. Le producteur John Simon enregistre six interprétations en studio et les encadre de sons de public ajoutés ; le titre final est le véritable enregistrement de concert de l’album, capté à Winterland. Le contraste entre atmosphère de concert construite et tension live fait partie de la conception du disque.
Titres clés : Combination of the Two · Piece of My Heart · Ball and Chain
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Enregistré avant Monterey et publié après, le premier album Mainstream en dix titres condense le répertoire scénique du groupe en courts arrangements de studio. La production nette de Bob Shad place l’écriture initiale de Joplin sur « Women Is Losers » aux côtés de « Caterpillar » de Peter Albin et de l’adaptation par le groupe d’« All Is Loneliness » de Moondog. Il documente clairement la formation, même s’il ne peut reproduire le volume et l’improvisation des concerts de ballroom.
Titres clés : Bye, Bye Baby · Women Is Losers · All Is Loneliness
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Be a Brother
1970Le premier album post-Joplin réunit Andrew, Albin, Gurley et Getz avec le guitariste David Schallock et le producteur-chanteur Nick Gravenites. Andrew et Gravenites se partagent la majorité du chant principal, Kathi McDonald occupant une place marquante au sein d’un cercle d’invités plus large. « Keep On », « Joseph’s Coat » et le morceau-titre présentent un groupe en activité, bâti sur des voix partagées, trois guitares et un blues-rock socialement attentif plutôt que sur l’imitation.
Titres clés : Keep On · Be a Brother · Sunshine Baby
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À découvrir aussi
How Hard It Is
1971La suite de 1971 conserve le noyau instrumental Andrew-Albin-Gurley-Getz-Schallock tout en accordant un rôle plus important aux claviers et au chant de Mike Finnigan. Soul-rock, rythme boogaloo et « Buried Alive in the Blues », porté par Nick Gravenites, le distinguent aussi bien de Cheap Thrills que de la mosaïque d’invités plus libre de Be a Brother.
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Live at the Carousel Ballroom 1968
enregistré en 1968Owsley Stanley enregistre le groupe au Carousel Ballroom de San Francisco les 22 et 23 juin 1968. L’édition de 2012 présente treize interprétations du dimanche, plus un « Call on Me » du samedi, préservant un son stéréo direct sans la construction de public ajoutée employée sur Cheap Thrills.
Ouvrir le guide de l’album → Voir sur Amazon →Pourquoi leur héritage demeure
Cheap Thrills reste le point de rencontre le plus clair entre la maîtrise vocale de Joplin et la méthode collective rugueuse du groupe. Sa construction studio/live en fait également un document révélateur de la manière dont un groupe de ballroom de San Francisco a été transposé en album de grande maison de disques sans effacer entièrement les frictions.
Le catalogue ultérieur empêche l’histoire de s’achever avec le départ d’une chanteuse. Be a Brother et How Hard It Is montrent le même noyau instrumental réorganisant ses rôles autour de Gravenites, McDonald, Schallock et Finnigan. Les archives du Carousel permettent quant à elles de comparer l’atmosphère de concert mise en scène de Cheap Thrills à l’équilibre sans fard d’une véritable salle de 1968.
Sources et lectures complémentaires
Big Brother and the Holding Company — histoire officielle
Big Brother and the Holding Company — discographie officielle et chronologie des formations
Sony Music — Sex, Dope & Cheap Thrills notes de l’édition d’archives
Bibliothèque du Congrès — Cheap Thrills essai du National Recording Registry
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