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OrigineHambourg, Allemagne de l’Ouest
Activité1969–1978 ; formations de renaissance ultérieures
GenreSpace rock / rock progressif
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Vue d’ensemble

Nektar se forme à Hambourg en décembre 1969 lorsque quatre musiciens britanniques — Roye Albrighton, Allan « Taff » Freeman, Derek « Mo » Moore et Ron Howden — créent un nouveau groupe à partir des liens noués sur le circuit des clubs ouest-allemands. L’artiste visuel Mick Brockett devient bientôt un cinquième membre créatif. Ses projections, ses effets de lumière liquide puis ses éléments vidéo font du Sound and Light Theatre une composante de l’œuvre plutôt qu’un simple décor.

Les disques classiques dépassent largement une formule unique de space rock. A Tab in the Ocean conserve la puissance du groupe de clubs allemand ; Remember the Future transforme une composition continue en percée américaine d’un mélodisme inhabituel ; Down to Earth adopte un cadre circassien ; et Recycled relie l’inquiétude écologique à un rock progressif plus dur et plus densément stratifié. Des renaissances ultérieures perpétuent le nom, sans constituer pour autant une formation ininterrompue depuis 1969.

Nektar — photographie sous licence
Nektar sur scène. Photo : BlueBreezeWiki / Wikimedia Commons · Sous licence CC BY-SA 3.0. Convertie au format WebP pour cette page.

Formation et histoire

Moore et Howden ont déjà travaillé ensemble en Allemagne lorsque le claviériste écossais Freeman rejoint leur groupe Prophesy. Ils rencontrent Albrighton quand Prophesy partage la scène du Star-Club avec son groupe Rainbows. Après le retour d’Albrighton à Hambourg en 1969, les quatre musiciens testent cette nouvelle combinaison lors d’un concert et choisissent le nom Nektar. Brockett reprend contact avec eux peu après et développe, parallèlement à leur musique, un environnement visuel toujours plus élaboré.

Le premier album, Journey to the Centre of the Eye, est enregistré en 1971 pour Bacillus, le label de Bellaphon. A Tab in the Ocean suit en 1972, avant que le groupe ne se rende aux Chipping Norton Studios en août 1973 pour achever Remember the Future. Passport en fait le premier album de Nektar publié aux États-Unis ; il atteint la 19e place du classement des albums Billboard et mène à la première grande tournée américaine du groupe en 1974. Le public américain découvre alors un catalogue déjà développé sur plusieurs albums européens.

Larry Fast ajoute Moog et Mellotron aux sessions de Recycled en 1975, au Château d’Hérouville et aux AIR Studios. Albrighton donne son dernier concert de la période classique en décembre 1976, Dave Nelson le remplace et le spectacle lumineux intégral conçu par Brockett prend fin en 1977. Albrighton revient brièvement en 1978 avant la clôture de cette phase. Il dirige ensuite de nouvelles formations de Nektar, et une réunion en 2002 rassemble de nouveau les cinq membres créatifs d’origine ; les versions suivantes appartiennent donc à des périodes de renaissance distinctes.

Son et style

Le quartet original de Nektar conserve la franchise d’un groupe de hard rock, même dans des constructions occupant toute une face. La guitare et le chant principal d’Albrighton portent des thèmes mélodiques nets ; Freeman passe du Hammond au piano, au Mellotron et au synthétiseur ; Moore et Howden forment une section rythmique capable de changements brusques sans perdre sa puissance. Les voix partagées d’Albrighton, Moore et Freeman donnent aux refrains récurrents une immédiateté qui rend les longues formes plus lisibles.

Les disques sont conçus en pensant à la scène. Les thèmes reviennent, les tempos changent et les suites se divisent en épisodes coordonnables avec les images projetées par Brockett. Le Sound and Light Theatre original emploie lumières liquides, diapositives, lasers puis arrière-plans vidéo. Cette conception spatiale ne rend pas la musique informe : le groupe préserve le plus souvent riffs, chansons et transitions collectives, se distinguant aussi bien de l’improvisation plus ouverte associée à certains courants du krautrock que de l’imitation orchestrale du prog symphonique.

Albums essentiels

1973

Remember the Future

Bacillus/Bellaphon · Paru en 1973 · BLPS 19164

Remember the Future est une seule composition répartie sur les deux faces du 33-tours. Bluebird et un garçon aveugle portent son récit plein d’espoir, mais la clarté musicale explique la portée de l’album : les refrains reviennent dans des contextes transformés, guitare et orgue échangent le premier rôle, et la section rythmique assure des transitions sans coutures apparentes. Les crédits officiels attribuent la musique à Albrighton, Freeman, Moore et Howden, les paroles à Albrighton, Moore et Brockett, et la production à Peter Hauke. L’édition américaine de Passport atteint la 19e place du Billboard. Les deux parties gagnent à être écoutées ensemble : les montages plus courts conservent les accroches, mais suppriment l’équilibre entre mémoire, reconnaissance et retour.

Titres essentiels : Remember the Future, Part One · Remember the Future, Part Two

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1972

A Tab in the Ocean

Bellaphon · Édition allemande de 1972 · BLPS 19118

A Tab in the Ocean donne aux débuts de Nektar un cadre plus sombre et plus lourd. La pièce-titre de dix-sept minutes occupe la première face, passant d’un imposant thème de claviers et de guitare à des sections vocales plus calmes, avant de retrouver toute la force du groupe. « Desolation Valley/Waves », « Crying in the Dark » et « King of Twilight » complètent la séquence allemande originale de quatre titres. Le mixage de 1972 restitue le poids du groupe dans les clubs européens ; un remixage américain plus lumineux suit en 1976, si bien que certaines éditions ultérieures contiennent deux versions sensiblement différentes de l’album. Commencez par le mixage original pour entendre les longues constructions avant la percée américaine.

Titres essentiels : A Tab in the Ocean · Desolation Valley / Waves · King of Twilight

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1975

Recycled

Bacillus/Bellaphon · Édition allemande d’octobre 1975

Recycled transforme l’épuisement des ressources, l’automatisation et les dégâts environnementaux en deux faces continues. « Recycle », « Cybernetic Consumption » et « Automation Horrorscope » propulsent la première moitié par une guitare dure et de rapides changements d’ensemble. La seconde face va de « Unendless Imaginations » et « São Paulo Sunrise » à « It’s All Over ». Le Moog et le Mellotron de Larry Fast ajoutent une couche électronique, tandis que l’English Chorale amplifie certains passages sans remplacer le quartet original. Enregistré au Château d’Hérouville et aux AIR Studios, c’est la construction studio la plus dense du groupe et son alliance la plus nette entre ambition technique et sujet social.

Titres essentiels : Recycle · Cybernetic Consumption · It’s All Over

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Pourquoi leur héritage demeure

Nektar complique toute cartographie nationale du rock progressif. Les musiciens sont britanniques, le groupe se forme et enregistre d’abord en Allemagne de l’Ouest, et sa plus grande percée dans les classements a lieu aux États-Unis. Le catalogue Bacillus, les éditions Passport et l’histoire des tournées montrent comment la musique progressive circulait au-delà des frontières, au lieu de se développer dans des scènes britannique et allemande isolées.

La formation originale prouve également qu’une composition occupant toute une face peut rester mélodique, lourde et jouable, tandis que Brockett traite les projections visuelles comme le travail d’un cinquième membre. Ces deux réussites sont indissociables : le retour des thèmes musicaux et des images aide une vaste structure à rester lisible en concert. Les formations ultérieures préservent une partie de cette méthode, mais l’unité créative de 1969–1976 explique le mieux pourquoi Nektar parle encore aux publics du space rock, du prog lourd et des albums-concepts.

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Sources et lectures complémentaires

RetroForge Records publie de la musique originale et des guides éditoriaux indépendants. Ce guide historique n’est affilié ni à l’artiste, ni aux labels, ni aux ayants droit. Aucune pochette d’album sans licence n’est reproduite.

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