Vue d’ensemble
Tomorrow n’existe sous ce nom que pendant une partie de 1967, mais ses deux singles Parlophone et son unique album publié tardivement préservent une version complète du rock psychédélique londonien : mélodique, rythmiquement puissant et construit en studio sans perdre l’impact d’un quatuor sur scène. « My White Bicycle » associe une idée contre-culturelle à une guitare inversée et une batterie compressée ; « Revolution » répond par un riff plus dur et un refrain collectif.
La célébrité ultérieure du groupe est souvent réduite au passage de Steve Howe chez Yes ou au travail du batteur Twink avec The Pretty Things. Les enregistrements méritent leur propre histoire. Keith West et Ken Burgess écrivent une grande partie du matériau mélodique, Howe traite le timbre de guitare comme une composante de la composition, Junior Wood et Twink donnent aux chansons leur élan physique, et le producteur Mark Wirtz transforme ces éléments en une pop densément stratifiée.
Formation et histoire
Tomorrow naît de The In Crowd, groupe londonien de beat et de soul qui avait publié trois singles Parlophone en 1965. Le chanteur Keith West, le guitariste Steve Howe et le bassiste John « Junior » Wood sont rejoints par le batteur John « Twink » Alder tandis que musique et présentation scénique deviennent psychédéliques. Le producteur Mark Wirtz, qui travaille déjà avec Howe, s’intéresse particulièrement à « My White Bicycle » ; le titre est enregistré chez EMI en mars 1967 et publié par Parlophone en mai.
Le groupe se produit dans les salles de l’underground et enregistre la première séance diffusée par John Peel sur BBC Radio 1 en septembre 1967. Ce même mois, Parlophone publie « Revolution » avec « Three Jolly Little Dwarfs » en face B. Au même moment, le projet de studio de Wirtz « Excerpt from A Teenage Opera », chanté par West avec la participation de Howe, devient numéro 2 en Grande-Bretagne. Ce succès en solo détourne l’attention vers West, tandis que les propres disques de Tomorrow restent commercialement marginaux.
Le quatuor se sépare avant l’arrivée de son album dans les magasins en février 1968. Twink et Wood réalisent un single sous le nom The Aquarian Age ; Twink rejoint ensuite The Pretty Things pendant S. F. Sorrow. Howe retravaille avec West, forme Bodast puis rejoint Yes en 1970. Le 33-tours tardif documente donc un langage collectif achevé plutôt que le début d’une carrière.
Son et style
« My White Bicycle » commence par le motif de batterie urgent de Twink avant que guitare inversée, sifflements et voix superposées ne donnent au titre l’impression d’avancer dans deux directions à la fois. Les paroles font référence au White Bicycle Plan du mouvement Provo d’Amsterdam : les effets de studio renforcent ainsi une image de liberté publique au lieu de décorer des paroles fantaisistes sans rapport.
L’album décline ce dispositif. « Real Life Permanent Dream » emploie harmonies vocales et couleur de guitare proche du sitar ; « Revolution » repose sur le riff électrique complexe de Howe ; « Auntie Mary’s Dress Shop » transforme la comédie de caractère anglaise en miniature théâtrale. La reprise de « Strawberry Fields Forever » est plus lourde et davantage menée par la guitare que l’enregistrement des Beatles. Les claviers et la production de Wirtz élargissent le son, mais son identité rythmique reste celle de West, Howe, Wood et Twink.
Album essentiel
Tomorrow
1968L’album britannique original contient onze titres enregistrés principalement au printemps 1967 et publiés seulement après la séparation du groupe. La première face va de la construction politique en studio de « My White Bicycle » aux chansons de personnages et images de rêve, jusqu’à « Revolution » porté par son riff. La deuxième devient plus théâtrale, plaçant « Auntie Mary’s Dress Shop » et « Three Jolly Little Dwarfs » autour d’un « Strawberry Fields Forever » transformé et du rôle étendu de la guitare de Howe dans « Now Your Time Has Come ». L’enchaînement montre pourquoi il s’agit de bien plus qu’une collection de singles d’époque.
Titres clés : My White Bicycle · Revolution · Hallucinations
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Pour aller plus loin
Écrit par Keith West sous son nom de naissance Keith Hopkins avec Ken Burgess, et inspiré par le White Bicycle Plan du mouvement Provo d’Amsterdam. La production de Mark Wirtz relie guitare inversée, sifflement, batterie compressée et harmonies serrées à cette image politique. Parlophone le publie en mai 1967 avec « Claramount Lake » en face B ; cette face B ne figure pas sur le 33-tours original de onze titres.
Publié en septembre 1967, le deuxième single attribue à Howe une part de la composition aux côtés de Hopkins et Burgess. Sa figure circulaire de guitare électrique et son refrain collectif sont plus agressifs que ceux du premier single, tandis que la face B « Three Jolly Little Dwarfs » emploie percussions et jeu de studio pour produire un contraste volontairement comique.
« That’s How Strong My Love Is » de The In Crowd enregistre la préhistoire soul du quatuor avant le virage psychédélique. Après la séparation, le single « 10,000 Words in a Cardboard Box » de Wood et Twink sous le nom The Aquarian Age prolonge leur collaboration avec Wirtz. Les éditions augmentées de Tomorrow ajoutent souvent ces deux chapitres, mais ils doivent rester distincts de la séquence originale du 33-tours.
Pourquoi leur héritage demeure
Tomorrow compte parce que son catalogue conservé relie la force scénique du freakbeat aux possibilités construites de la pop psychédélique britannique. Les effets de Wirtz sont indissociables des compositions, mais les enregistrements laissent encore entendre quatre musiciens se répondre. Cet équilibre maintient « My White Bicycle » et « Revolution » en mouvement bien après la disparition de leur contexte immédiat dans l’underground londonien.
Le groupe fournit aussi une préhistoire importante à plusieurs carrières ultérieures sans pouvoir y être réduit. La maîtrise des textures et du contrepoint de Howe précède Yes, tandis que la batterie de Twink mène directement vers The Pretty Things et Pink Fairies. Plus important encore, West, Burgess, Wood et Wirtz contribuent à définir le langage compact d’un unique album dont l’intelligence mélodique survit aux fantaisies de l’époque.
Sources et lectures complémentaires
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