Aller au contenu Illustration éditoriale originale de RetroForge pour Traffic
Rock psychédélique / jazz-rock

Traffic

Un rock pastoral anglais à l’âme jazz.

Birmingham, AngleterreOrigine
1967–1969; 1970–1974; 1994Activité
Rock psychédélique / jazz-rockGenre
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Vue d’ensemble

Traffic relie le psychédélisme britannique au rhythm and blues, au folk et au jazz sans jamais s’installer durablement dans l’un de ces territoires. La voix et les claviers de Steve Winwood en forment le centre, tandis que la flûte et le saxophone de Chris Wood, la batterie et les textes de Jim Capaldi, ainsi que le savoir-faire pop contrasté de Dave Mason rendent les premiers disques exceptionnellement mobiles. Le catalogue passe des singles compacts de 1967 aux formes ouvertes et improvisées du début des années 1970.

La formation originale de Traffic sur une photographie promotionnelle d’époque.
Formation originale de Traffic Photo : archives Hit Parader / Wikimedia Commons · Domaine public · conversion WebP

Formation et histoire

Winwood quitte le Spencer Davis Group en 1967 et forme Traffic avec Mason, Capaldi et Wood, après leurs rencontres dans les clubs de Birmingham. Ils travaillent depuis un cottage près d’Aston Tirrold, dans le Berkshire. « Paper Sun » atteint la cinquième place au Royaume-Uni cet été-là, puis « Hole in My Shoe » de Mason se classe deuxième. Le premier album britannique, Mr. Fantasy, paraît en décembre ; son équivalent américain porte un autre titre et présente un ordre différent.

Mason part, revient pour le deuxième album éponyme, puis s’en va de nouveau lorsque son écriture concise s’éloigne de l’orientation de plus en plus improvisée des autres. Traffic se sépare une première fois quand Winwood rejoint Blind Faith en 1969. Des séances commencées comme un album solo de Winwood avec Wood et Capaldi deviennent l’album de reformation de 1970, John Barleycorn Must Die. Les formations ultérieures accueillent Ric Grech, le percussionniste Rebop Kwaku Baah et d’autres musiciens ; David Hood et Roger Hawkins, venus de Muscle Shoals, ancrent les disques studio et live de 1973. Après When the Eagle Flies, Traffic cesse de nouveau ses activités en 1974. Winwood et Capaldi réactivent le nom pour Far from Home et une tournée en 1994, puis le quatuor original entre au Rock & Roll Hall of Fame en 2004.

Son et style

Les premiers singles emploient percussions traitées en phasing, sitar, Mellotron et harmonies vocales serrées, mais l’identité durable du groupe vient du dialogue instrumental. Winwood passe de l’orgue Hammond au piano, à la guitare et à la basse ; Wood lui répond par des lignes de flûte aérées ou un saxophone plus rugueux ; Capaldi peut tenir la pulsation rock tout en laissant respirer le rythme. Mason apporte guitare acoustique, sitar et chansons aux contours précis comme « Hole in My Shoe » et « Feelin’ Alright? ».

Sur John Barleycorn Must Die, la chanson traditionnelle qui donne son titre à l’album place la voix et la guitare acoustique de Winwood aux côtés de la flûte de Wood, tandis que « Glad » se développe par le piano, le saxophone et le rythme plutôt que par un refrain chanté. The Low Spark of High Heeled Boys étend cette méthode à des formes plus longues : le morceau-titre se construit patiemment à partir du piano électrique et d’un groove dépouillé, sans traiter la durée comme un prétexte à des solos continus.

MembresSteve Winwood (chant, claviers, guitare et basse), Jim Capaldi (batterie, percussions, chant et textes), Chris Wood (flûte, saxophone et claviers) et Dave Mason (guitare, sitar, chant et composition). Parmi les collaborateurs ultérieurs figurent Ric Grech (basse et violon), Rebop Kwaku Baah (percussions), David Hood (basse), Roger Hawkins (batterie) et Barry Beckett (claviers).

Albums essentiels

Island · Édition originale de 1970

Ce qui commence comme des séances solo de Winwood devient un disque en trio lorsque Capaldi et Wood le rejoignent. « Glad » ouvre sur un jazz-rock mené par le piano, « Freedom Rider » met les vents de Wood au premier plan, et la chanson traditionnelle qui donne son titre à l’album réduit l’arrangement à la guitare acoustique, la voix, la flûte et des percussions retenues. Le contraste donne à la reformation un caractère délibéré plutôt qu’accidentel.

Titres clés : Glad · Stranger to Himself · Every Mother’s Son

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Island · Édition originale de 1967

Le premier album britannique ne se contente pas de rassembler les singles à succès : « Paper Sun » et « Hole in My Shoe » sont absents de son ordre original. Il passe au contraire du compact « House for Everyone » de Mason à la dérive modale de « Heaven Is in Your Mind », au « Giving to You » mené par les vents de Wood et à la lente traction émotionnelle de « Dear Mr. Fantasy ». L’enchaînement révèle un groupe déjà plus vaste que sa réputation de pop psychédélique.

Titres clés : Heaven Is in Your Mind · Dealer · Giving to You

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Island · Édition originale de 1971

La formation élargie à six musiciens fait de l’espace son principe d’organisation. « Hidden Treasure » commence acoustiquement ; le morceau-titre de onze minutes se développe depuis le piano électrique de Winwood et la pulsation mesurée de Jim Gordon jusqu’aux sommets de saxophone et de guitare ; « Rock & Roll Stew » répond par une poussée collective plus dure. Le disque équilibre développement prolongé et textures de chansons nettement différenciées.

Titres clés : Hidden Treasure · The Low Spark of High Heeled Boys · Many a Mile to Freedom

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Pour aller plus loin

Traffic

1968

Le deuxième album, également appelé le disque « éponyme ». L’écriture de Mason y est intégrée comme jamais ; « Feelin’ Alright » est devenu un standard.

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La formation élargie en plein essor. Roger Hawkins et David Hood, venus de Muscle Shoals, apportent une dimension soul sudiste qui convient à Winwood mieux qu’on ne pourrait l’attendre.

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Un témoignage live du groupe en tournée. Les improvisations prolongées se transposent magnifiquement en concert ; un disque essentiel pour comprendre comment cette musique fonctionnait réellement sur scène.

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Pourquoi leur héritage demeure

L’importance de Traffic tient au naturel avec lequel le groupe passe d’un format à l’autre. Le succès de « Paper Sun » et « Hole in My Shoe » prouve qu’il sait composer une pop psychédélique concise, tandis que John Barleycorn Must Die et The Low Spark of High Heeled Boys montrent les mêmes musiciens construire des arguments à l’échelle d’un album avec matériau folk, phrasé jazz et poids du rhythm and blues. La flûte de Wood est une voix structurelle plutôt qu’un ornement, et le partenariat d’écriture Winwood–Capaldi donne à l’improvisation un cadre lyrique et mélodique solide. Leur intronisation au Rock Hall en 2004 a reconnu un catalogue qui a contribué à élargir le vocabulaire du rock britannique.

Sources et lectures complémentaires

Official Charts — historique de Traffic dans les classements
Rock & Roll Hall of Fame — Traffic
AllMusic — biographie de Traffic
AllMusic — Shoot Out at the Fantasy Factory : crédits
Wikimedia Commons — photographie et informations sur les droits

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