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OrigineLondres, Angleterre
Activité1977–1980 ; réunions de 2011 à 2015
GenreRock progressif / jazz-rock
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Vue d’ensemble

U.K. condense deux groupes nettement différents dans un catalogue de deux albums studio et d’un disque live contemporain. Le quatuor de 1978 réunit l’expérience de John Wetton et Bill Bruford au sein de King Crimson, les claviers et le violon électrique d’Eddie Jobson et la guitare legato d’Allan Holdsworth. Le trio de 1979 conserve Wetton et Jobson, mais remplace le dialogue ouvert entre guitare et batterie par la précision puissante et composée de Terry Bozzio.

Ce petit catalogue saisit un débat plus vaste du rock progressif de la fin des années 1970 : la technique avancée doit-elle conduire vers l’improvisation ou vers une architecture de chansons concise et moderne ? U.K. ne tranche jamais. Le premier album et Danger Money préservent au contraire deux réponses opposées, toutes deux ancrées dans la basse mélodique et la voix de Wetton.

U.K. — photographie sous licence
Eddie Jobson, cofondateur de U.K., sur scène en 1973. Photo : Klaus Hiltscher / Wikimedia Commons · Sous licence CC BY-SA 2.0. Conversion en WebP pour cette page.

Formation et histoire

Wetton invite Bruford à former un nouveau groupe en 1977 et propose de recruter Jobson, alors membre du groupe de Frank Zappa. Bruford, craignant que le projet ne penche trop vers la pop, suggère Holdsworth comme contrepoids. Les quatre musiciens enregistrent leur premier album aux Trident Studios en novembre 1977 et le publient au printemps suivant. « In the Dead of Night » et « Thirty Years » s’appuient sur des idées que Wetton et Jobson développaient déjà, tandis que l’arrangement en quatuor laisse à Holdsworth et Bruford l’espace nécessaire pour tirer la musique vers le jazz-rock.

Après de longues tournées en 1978, cet équilibre s’effondre. Holdsworth et Bruford veulent davantage de liberté d’improvisation ; Wetton et Jobson préfèrent une direction rock plus composée. Le quatuor prend fin et Jobson recrute Terry Bozzio, son ancien collègue chez Zappa. Faute de pouvoir engager un guitariste de remplacement, le nouveau U.K. poursuit en trio pour Danger Money. Le groupe tourne pendant 1979, enregistre Night After Night à Tokyo en mai et juin, puis achève ses dernières dates européennes en décembre. Il se sépare avant un troisième album studio prévu. Jobson et Wetton relancent U.K. en concert à partir de 2011 avec différents musiciens d’accompagnement ; les dernières prestations de cette réunion ont lieu en 2015.

Son et style

Sur le premier album, la basse de Wetton est à la fois accroche et ancrage harmonique. Jobson superpose orgue, synthétiseur et violon électrique autour d’elle, tandis que les lignes de Holdsworth évitent le phrasé blues conventionnel et que Bruford place ses accents en travers de la pulsation écrite. « In the Dead of Night » peut ainsi passer d’un refrain vocal ferme à des solos qui semblent assouplir la structure des mesures sans perdre la composition sous-jacente.

Le trio redistribue l’espace. Sans guitariste, Jobson doit couvrir davantage d’harmonie et de contrepoint, et Bozzio traite chaque tournant composé comme un événement physique. « Danger Money » devient plus dense et théâtral ; « Rendezvous 6:02 » laisse place à une mélodie concise et mélancolique ; « Carrying No Cross » reconstruit la longue forme par les couches de claviers et une dynamique croissante. Les deux versions du groupe sonnent polies, mais l’interaction mobile du premier album et le poids concentré du trio relèvent de conceptions réellement différentes.

Albums essentiels

1978

U.K.

E.G./Polydor · Édition originale de 1978

U.K. saisit le quatuor avant que ses priorités concurrentes ne deviennent intenables. La suite d’ouverture unit la mélodie vocale de Wetton aux synthétiseurs de Jobson, à la pulsation déplacée de Bruford et à un solo de Holdsworth qui glisse par-dessus la barre de mesure. « Thirty Years » passe d’une ouverture suspendue à un impact collectif étroitement contrôlé ; « Nevermore » offre à Holdsworth un espace harmonique plus large ; « Mental Medication » conclut avec une section rythmique qui tire le matériau écrit vers la fusion. La tension du disque est structurelle, pas seulement biographique : composition et improvisation ne cessent de se mettre mutuellement à l’épreuve.

Titres clés : In the Dead of Night · Thirty Years · Nevermore

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1979

Danger Money

E.G./Polydor · Édition originale de 1979

Danger Money remplace la transparence du quatuor du premier album par la puissance concentrée d’un trio. Jobson utilise les claviers pour occuper le registre laissé vacant par la guitare et place le violon électrique au premier plan comme voix contrastante. Bozzio rend les arrêts et les accents du morceau-titre percussivement inévitables, tandis que « Rendezvous 6:02 » ramène l’échelle au talent mélancolique de Wetton pour la chanson. Les douze minutes de « Carrying No Cross » permettent ensuite au trio de reconstruire une ampleur symphonique sans recréer l’instrumentation du premier album.

Titres clés : Danger Money · Rendezvous 6:02 · Carrying No Cross

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1979

Night After Night

E.G./Polydor · Album live original de 1979

Enregistré au Nakano Sun Plaza et au Nippon Seinenkan de Tokyo en mai et juin 1979, Night After Night est plus qu’un souvenir de tournée. Le morceau-titre et « As Long as You Want Me Here » sont de nouvelles pièces absentes des albums studio, et le trio réinvente « In the Dead of Night » sans guitare en redistribuant ses lignes entre claviers, violon, basse et batterie. La séquence originale est concise, mais elle montre comment Bozzio, Jobson et Wetton font sonner la formation réduite comme un groupe complet sur scène.

Titres clés : Night After Night · Rendezvous 6:02 · In the Dead of Night

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Pourquoi leur héritage demeure

U.K. offre une comparaison d’une clarté inhabituelle entre deux approches du rock progressif après son apogée du début des années 1970. Le quatuor traite la virtuosité comme une conversation : les chansons écrites restent perméables à la guitare de Holdsworth et aux décalages rythmiques de Bruford. Le trio traite la virtuosité comme une concentration : Jobson, Wetton et Bozzio font porter à chaque partie davantage de poids harmonique ou rythmique.

Parce que le catalogue est si réduit, aucune des deux formules ne devient routinière. La franchise mélodique ensuite associée à Wetton reste aux côtés des instincts exploratoires de ses anciens collègues de Crimson, tandis que le violon de Jobson et l’évolution rapide des technologies de clavier relient le rock symphonique à un langage de production plus net propre à la fin des années 1970. Les instrumentistes de rock technique reviennent encore à U.K., car arrangement et identité instrumentale sont inséparables sur ces disques.

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Sources et lectures complémentaires

RetroForge Records publie de la musique originale et des guides éditoriaux indépendants. Ce guide historique n’est affilié ni à l’artiste, ni aux labels, ni aux ayants droit. Aucune pochette d’album non autorisée n’est reproduite.

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