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OrigineBirmingham, Angleterre
Activité1965 – 1972
GenrePop psychédélique / Art rock
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Vue d’ensemble

The Move associait l’écriture excentrique et les arrangements multi-instrumentaux de Roy Wood à la puissance d’un groupe de scène de Birmingham. Entre 1967 et 1972, ses membres placèrent dix singles dans le Top 40 britannique, dont le numéro un Blackberry Way, tandis que leurs quatre albums studio empruntaient une voie moins commerciale, faite de psychédélisme, de reprises prolongées, de riffs lourds et d’expériences de studio chargées de nombreux overdubs.

Cette séparation entre singles et albums est au cœur de l’identité du groupe. Carl Wayne était le chanteur principal du quintette original à succès ; Wood prit une place de plus en plus dominante à mesure que les membres partaient ; l’arrivée de Jeff Lynne en 1970 apporta une seconde voix d’auteur au moment même où Wood, Lynne et Bev Bevan commençaient à développer Electric Light Orchestra en parallèle. The Move mérite donc d’être écouté comme un groupe en constante mutation, et non comme un simple premier chapitre de l’histoire d’ELO.

The Move — photographie sous licence
The Move dans une publicité professionnelle de Billboard datant de 1967 pour « I Can Hear the Grass Grow ». Photo : Deram/London Records / Wikimedia Commons · Sous licence Domaine public. Conversion au format WebP pour cette page.

Formation et histoire

The Move se forme à Birmingham en décembre 1965 en réunissant cinq musiciens issus de groupes locaux déjà établis : Roy Wood, le chanteur Carl Wayne, le guitariste Trevor Burton, le bassiste Ace Kefford et le batteur Bev Bevan. Wood écrit la série de premiers singles qui leur apporte une reconnaissance nationale : Night of Fear, I Can Hear the Grass Grow, Flowers in the Rain et Fire Brigade atteignent tous le Top 5 britannique. Le premier album éponyme paraît en avril 1968 et atteint la quinzième place du classement britannique des albums.

Kefford part au printemps 1968 ; Burton passe à la basse avant de quitter à son tour le groupe en 1969, puis Rick Price occupe brièvement ce poste. Wayne s’en va au début de 1970. Jeff Lynne arrive d’Idle Race pour Looking On, laissant Wood, Lynne et Bevan former le trio final. Ils enregistrent le dernier album de The Move, Message from the Country, tout en créant simultanément le premier album d’Electric Light Orchestra. Le dernier single de The Move, California Man, paraît en 1972 avec Do Ya de Lynne en face B.

Son et style

Les premiers singles reposent sur le contraste. La voix principale limpide de Wayne et les harmonies collectives portent des mélodies de Wood qui peuvent évoquer une comptine ou une rêverie mélancolique, tandis que la guitare saturée, la batterie appuyée de Bevan et les changements soudains de texture maintiennent l’instabilité des arrangements. La palette de Wood s’étend au-delà de la guitare vers le violoncelle, les bois, les cuivres et les claviers, permettant aux gestes du music-hall et aux couleurs psychédéliques de coexister avec une base de hard rock.

Les albums desserrent progressivement cette compression pop. Shazam donne à six morceaux l’espace nécessaire au développement instrumental, aux introductions parlées et à des reprises radicalement élargies. Looking On remplace la priorité vocale du quintette original par des riffs lourds, du violoncelle et de denses couches de studio, tandis que What? de Lynne introduit une voix d’auteur complémentaire. Sur Message from the Country, l’abondance des overdubs et le contraste Wood–Lynne annoncent directement ELO sans effacer le goût de The Move pour la parodie, la country, le rock et les chansons à personnages.

Albums essentiels

1968

Move

Regal Zonophone · Édition originale de 1968

Paru en avril 1968, Move, dans son mixage mono original, saisit le quintette après que quatre singles majeurs ont déjà établi le groupe. L’écriture de Wood passe de l’ouverture tourbillonnante de Yellow Rainbow et de la fantaisie condensée de Kilroy Was Here au cauchemar institutionnel de Cherry Blossom Clinic. Carl Wayne, Trevor Burton, Ace Kefford et Wood se partagent les chants principaux : l’identité du disque vient donc du contraste collectif plutôt que d’un unique meneur. Les reprises d’Eddie Cochran et du standard des années 1930 Zing! Went the Strings of My Heart montrent aussi comment le rock and roll et le music-hall subsistent sous la surface psychédélique.

Titres clés : Yellow Rainbow · Flowers in the Rain · Cherry Blossom Clinic

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1970

Shazam

Regal Zonophone · Édition originale de 1970

Shazam ne contient que six morceaux, répartis entre trois compositions de Wood et trois reprises transformées. Hello Susie, d’abord écrite pour Amen Corner, devient une ouverture hard rock ; Cherry Blossom Clinic Revisited développe la chanson plus courte du premier album par des citations et un long passage instrumental. La seconde face pousse The Last Thing on My Mind de Tom Paxton, Fields of People d’Ars Nova et la chanson de Mann et Weil Don’t Make My Baby Blue bien au-delà de la forme pop concise. Les commentaires parlés entre les morceaux donnent au disque une allure mise en scène, tandis que les longues interprétations préservent plus directement que le premier album la puissance du groupe en concert.

Titres clés : Hello Susie · Cherry Blossom Clinic Revisited · Fields of People

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1970

Looking On

Fly · Édition originale de 1970

Looking On est le premier album de The Move avec Jeff Lynne et le premier sans Carl Wayne. Ses sept morceaux rendent audible le changement de personnel : le titre de Wood et Brontosaurus privilégient les riffs graves, le violoncelle saturé et une lourdeur comprimée, tandis que l’ample What? de Lynne introduit une logique mélodique et de studio différente. Open Up Said the World at the Door alterne auteurs et sections, et le long Feel Too Good s’achève sur une coda vocale relâchée. Loin d’être un simple prototype d’ELO, l’album documente un trio éphémère découvrant toute la densité qu’il pouvait produire sans le chanteur principal d’origine.

Titres clés : Looking On · Brontosaurus · Feel Too Good

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Pour aller plus loin

Les singles absents des albums ne sont pas de simples anecdotes complémentaires : ils représentent la moitié de la réussite de The Move. Night of Fear, I Can Hear the Grass Grow, Flowers in the Rain et Blackberry Way retracent l’évolution de Wood, des accroches psychédéliques compactes à la mélancolie orchestrale. Official Charts recense au total sept singles classés dans le Top 10 britannique, alors que seul le premier album entra dans le classement principal des albums au Royaume-Uni pendant l’existence initiale du groupe.

Message from the Country, publié par Harvest en juin 1971, est le dernier album de The Move et le compagnon le plus évident des premières sessions d’ELO. Wood et Lynne recourent à de nombreux overdubs tout en conservant des personnalités distinctes sur les dix morceaux : la chanson-titre et The Words of Aaron recherchent des arrangements denses et sérieux, tandis que Ella James, Don’t Mess Me Up et Ben Crawley Steel Company maintiennent l’instabilité stylistique de l’album. Les singles ultérieurs Tonight, Chinatown et California Man ne figuraient pas sur le 33-tours original.

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Pourquoi leur héritage demeure

The Move montre combien les frontières de la pop britannique de la fin des années 1960 pouvaient être instables. Un single numéro un, une reprise folk rock prolongée, un riff de violoncelle saturé et une parodie de music-hall pouvaient tous appartenir au même catalogue. Les changements de personnel empêchèrent cette diversité de se figer en formule : la clarté théâtrale de Wayne, l’instinct d’arrangeur de Wood, la puissance de Bevan et l’écriture de studio plus tardive de Lynne tirent chacun l’histoire dans une direction différente.

ELO est une conséquence importante, mais pas l’unique raison d’écouter The Move. Les singles du groupe font preuve d’une exceptionnelle capacité de condensation, tandis que les albums conservent des expériences trop excentriques ou trop lourdes pour ces formats courts. Réunis, ils relient la pop psychédélique au hard rock, aux arrangements progressifs et au glam sans jamais pouvoir être entièrement réduits à l’un de ces courants.

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Sources et lectures complémentaires

RetroForge Records publie de la musique originale et des guides éditoriaux indépendants. Ce guide historique du groupe n’est affilié ni à l’artiste, ni aux labels, ni aux ayants droit. Aucune pochette d’album sans licence n’est reproduite.

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